Le Tour des Pérics s’impose comme l’une des plus belles boucles de randonnée des Pyrénées françaises. Ce circuit de quatre jours relie la Haute-Ariège aux Pyrénées-Orientales en passant par des crêtes frontalières spectaculaires, des lacs d’altitude et des refuges gardés emblématiques. Entre la réserve nationale d’Orlu et le parc naturel régional des Pyrénées catalanes, les marcheurs évoluent dans des paysages minéraux d’une grande diversité. Le massif des Pérics, qui culmine à 2810 mètres, offre un terrain de jeu idéal pour les amateurs de montagne en quête de dépaysement. Cette aventure se mérite, avec environ 4 à 6 heures de marche quotidienne et des dénivelés positifs compris entre 500 et 700 mètres.
En bref :
- Une boucle de 4 jours entre la Haute-Ariège et les Pyrénées-Orientales
- Un itinéraire de refuge en refuge, praticable de juin à septembre
- Des paysages variés : lacs, crêtes, pelouses alpines et forêts de pins à crochets
- Une faune et une flore remarquables dans la réserve nationale d’Orlu
- Des réglementations spécifiques à respecter, notamment pour le bivouac et les chiens
Un joyau de randonnée entre Ariège et Pyrénées-Orientales
Le Tour des Pérics est bien plus qu’un simple sentier. Cette boucle de haute montagne contourne les sommets jumeaux du Grand et du Petit Péric, véritables sentinelles de pierre qui dominent le paysage. Les marcheurs évoluent sur la ligne de partage des eaux entre la Méditerranée et l’Atlantique, un point de passage chargé d’histoire et de géographie. Le circuit offre une immersion totale dans la nature sauvage des Pyrénées, entre l’Ariège et le Capcir.
Le départ peut se faire depuis plusieurs points. Côté ariégeois, le refuge d’En Beys est accessible en trois heures de marche via la réserve nationale d’Orlu. Le refuge des Bésines, proche de la gare de l’Hospitalet-près-l’Andorre, constitue une alternative pratique pour les voyageurs venant en train. Côté pyrénéen, le site des Bouillouses est desservi par une navette estivale depuis le Pla de Barrès, ce qui permet d’économiser une journée de marche. Une autre option consiste à rejoindre le refuge des Camporells par la serre de Maury, en une heure quarante-cinq depuis la station de Formiguères.
Ce guide de randonnée s’adresse aux randonneurs expérimentés, habitués aux dénivelés et aux passages en altitude. Le balisage est globalement bien maintenu, avec des marques rouges et jaunes sur le GRP et rouges et blanches sur le GR7 et le GR10. La présence de refuges gardés sur l’ensemble du parcours permet d’alléger le sac et de profiter pleinement de l’aventure.

Les quatre étapes du Tour des Pérics
Le circuit se déroule généralement dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, comme le recommandent les gardiens de refuges. Chaque étape offre une ambiance différente, avec des paysages qui évoluent au fil des heures et de l’altitude.
D’En Beys aux Bésines par le lac de Lanoux
Cette première étape de cinq heures relie le refuge d’En Beys au refuge des Bésines, avec un dénivelé positif de 660 mètres. Le sentier longe l’étang d’En Beys avant de rejoindre le GR7 en direction de l’étang Faury. La montée progressive traverse des zones de rhododendrons puis des pierriers, avant d’atteindre l’étang Faury à 2312 mètres d’altitude. Le passage par la grande porteille d’Orlu marque la transition vers le GRP, qui mène au col de Coume d’Anyell. De là, la vue sur le grand étang du Lanoux et le pic Carlit justifie amplement l’effort fourni. La descente vers les étangs Moulsut et la jasse des Bésineilles offre un contraste saisissant entre les zones humides et les pelouses alpines.
Des Bésines aux Bouillouses sur les pas du GR10
L’étape la plus longue, environ six heures trente, emprunte une portion du mythique GR10. Le sentier remonte d’abord vers le col de Coume d’Anyell, puis bascule sur le versant du lac de Lanoux. La cabane de Rouzet, nichée derrière un mamelon, constitue une halte appréciée. La montée vers la porteille de la Grave permet de rejoindre la vallée de la Têt, que l’on descend jusqu’à l’extrémité nord du lac des Bouillouses. Le barrage et le refuge apparaissent après une longue descente régulière, dans un décor de haute montagne minérale.
Des Bouillouses aux Camporells par le lac d’Aude
Cette étape de quatre heures trente surprend par la diversité de ses paysages. Le sentier quitte le refuge en direction du lac d’Aude, niché au milieu des pins à crochets. La visite de ce lac, souvent méconnu, mérite amplement le détour. Le GRP remonte ensuite vers la cabane de la Balmette avant d’atteindre le refuge des Camporells, posé dans un écrin d’étangs et de pinède. Le dénivelé positif de 500 mètres reste accessible, avec des montées progressives entrecoupées de sections forestières.
Des Camporells à En Beys par les crêtes frontalières
La dernière étape offre un final en apothéose. Le sentier grimpe vers le ras de la Sal, puis suit la crête frontalière entre les Pyrénées-Orientales et l’Ariège. Le passage sous le pic de Mortiers, à 2605 mètres, dévoile une vue spectaculaire sur la vallée d’Orlu. La descente vers le col de Terrers s’effectue par un sentier en balcon, avec des lacets prononcés. Les cabanes de Mortès et de la jasse des Espagnols rythment la fin du parcours, avant de retrouver le GR7 qui ramène au refuge d’En Beys. Cette étape de cinq heures trente conclut la boucle dans une ambiance grandiose.
| Étape | Durée | Dénivelé positif | Dénivelé négatif |
|---|---|---|---|
| En Beys – Bésines | 5 h | 660 m | 540 m |
| Bésines – Bouillouses | 6 h 30 | 670 m | 750 m |
| Bouillouses – Camporells | 4 h 30 | 500 m | 280 m |
| Camporells – En Beys | 5 h 30 | 500 m | 760 m |
Pour ceux qui souhaitent prolonger l’expérience, des variantes permettent de gravir le pic du Carlit ou le pic des Pérics. Les plus chanceux apercevront peut-être des isards ou des gypaètes barbus, symboles de la faune sauvage des Pyrénées.
Une nature préservée entre réserve et parc naturel
Le Tour des Pérics traverse deux espaces protégés majeurs : la réserve nationale de chasse et de faune sauvage d’Orlu, côté Ariège, et le parc naturel régional des Pyrénées catalanes, côté Pyrénées-Orientales. Cette situation offre aux randonneurs une chance unique d’observer une biodiversité exceptionnelle. Les pelouses alpines rases, les zones humides et les forêts de pins à crochets abritent une flore variée, avec des espèces endémiques comme le sabot de Vénus ou la gentiane des Pyrénées.
L’histoire du territoire se lit dans le paysage. Les anciennes forges, les jasses et les cabanes de bergers rappellent l’importance du pastoralisme et de l’activité métallurgique dans cette région reculée. Le lac de Lanoux, plus grand lac des Pyrénées françaises, constitue un moment fort du parcours. Ses eaux turquoise contrastent avec les crêtes grises qui l’entourent, offrant des opportunités photographiques remarquables.
Cette diversité de paysages fait du Tour des Pérics une aventure complète. En quelques jours, les marcheurs passent des forêts denses aux vastes plateaux d’altitude, des rives lacustres aux crêtes exposées. Chaque matin apporte son lot de découvertes, chaque col dévoile un nouveau panorama.
Bien préparer son itinérance : refuges, équipement et GPS
La réussite de cette randonnée repose sur une préparation minutieuse. Les refuges gardés doivent être réservés à l’avance, surtout en juillet et en août. Le refuge d’En Beys, le refuge des Bésines, le refuge des Bouillouses et le refuge des Camporells proposent des demi-pensions complètes, ce qui permet de réduire considérablement le poids du sac. Cette formule est idéale pour profiter pleinement de l’aventure.
Pour l’équipement, un sac de 35 à 45 litres suffit amplement. Les vêtements techniques, une veste imperméable, des chaussures de randonnée hautes et des bâtons télescopiques sont indispensables. La météo en altitude peut changer rapidement, même en été, et les températures nocturnes restent fraîches vers 2000 mètres. Les randonneurs doivent prévoir un vêtement chaud pour les soirées en refuge.
Côté navigation, le balisage est généralement fiable, mais l’utilisation d’un GPS reste recommandée. La trace GPX du Tour des Pérics est disponible en téléchargement sur plusieurs plateformes spécialisées. Pour ceux qui débutent, il peut être utile de consulter un guide pour choisir un GPS de randonnée simple. Les applications mobiles gratuites constituent également une option intéressante, notamment pour les randonneurs équipés d’un smartphone robuste. Pour approfondir les aspects techniques, la lecture d’un article sur les outils pour créer une trace GPX peut s’avérer précieuse.
Le choix des chaussures est crucial sur ce terrain exigeant. Les sections rocheuses, les traversées de pierriers et les descentes raides nécessitent un bon maintien de la cheville. Les bâtons de randonnée soulagent les articulations dans les descentes et aident à conserver l’équilibre sur les passages exposés.
Quand partir et comment profiter du meilleur du Tour des Pérics
La période idéale s’étend de juin à septembre, selon l’enneigement. En juin, les névés peuvent persister sur les passages en altitude, notamment autour du col de Coume d’Anyell. En juillet et en août, les conditions sont généralement optimales, avec une météo plus stable et des températures agréables. Le mois de septembre offre une lumière magnifique et des couleurs automnales, avec moins de fréquentation sur les sentiers.
La réservation des refuges est vivement conseillée dès le printemps pour les départs en pleine saison. Les places sont limitées, et les gardiens ne peuvent pas toujours accueillir les marcheurs sans réservation. Il est également essentiel de se renseigner sur les réglementations locales. Le bivouac est interdit dans certains secteurs, notamment dans le site classé des Camporells, autour des Bouillouses et dans la réserve nationale d’Orlu. Les feux sont formellement interdits, et les chiens doivent rester tenus en laisse.
Pour ceux qui souhaitent découvrir d’autres horizons après le Tour des Pérics, les Pyrénées regorgent d’itinéraires remarquables. De nombreux guides en ligne proposent des variantes et des conseils pour prolonger l’expérience. Les randonneurs aguerris peuvent également explorer d’autres GR emblématiques de la région.
En route pour l’aventure
Le Tour des Pérics figure à juste titre parmi les plus belles randonnées des Pyrénées. Sa situation entre l’Ariège et les Pyrénées-Orientales, ses paysages variés et ses refuges accueillants en font une expérience inoubliable. Les marcheurs qui se lancent dans cette aventure en reviennent transformés, avec des images plein la tête et une envie irrépressible de repartir.
La préparation reste la clé d’une randonnée réussie. Une bonne condition physique, un équipement adapté et une connaissance des réglementations permettent de profiter sereinement de chaque instant. Le Tour des Pérics offre ainsi un équilibre parfait entre défi sportif et communion avec la nature.
Quelle est la meilleure période pour faire le Tour des Pérics ?
La période idéale s’étend de juin à septembre, selon l’enneigement. Les mois de juillet et d’août offrent les conditions les plus stables, tandis que septembre permet de profiter de couleurs automnales et d’une moindre affluence sur les sentiers.
Faut-il réserver les refuges à l’avance ?
Oui, la réservation est vivement conseillée, surtout en juillet et en août. Les places sont limitées dans les refuges gardés du Tour des Pérics, et les gardiens ne peuvent pas toujours accueillir les marcheurs sans réservation.
Le Tour des Pérics est-il adapté aux débutants ?
Ce circuit s’adresse plutôt aux randonneurs expérimentés, habitués aux dénivelés et aux passages en altitude. Les étapes de 4 à 6 heures avec des dénivelés de 500 à 700 mètres exigent une bonne condition physique.
Peut-on faire le Tour des Pérics avec un chien ?
Les chiens sont autorisés mais doivent être tenus en laisse dans les espaces protégés, notamment dans la réserve nationale d’Orlu et le parc naturel régional des Pyrénées catalanes. Il est important de se renseigner sur les réglementations locales avant le départ.
Quel équipement GPS est recommandé pour ce circuit ?
Un GPS de randonnée ou une application mobile avec trace GPX est recommandé. Le balisage est globalement fiable, mais les conditions météo peuvent réduire la visibilité. Pour les débutants, un guide pour choisir un GPS simple peut s’avérer utile.








