Le Tour du Pays des Marches de Gâtine s'impose comme une référence de la randonnée pédestre dans l'Ouest de la France. Cette boucle de près de 200 kilomètres serpente entre Deux-Sèvres et Vienne, reliant la cité médiévale de Parthenay aux vallées du Thouet, de la Vonne et de l'Autize. Les marcheurs y découvrent un paysage naturel préservé, fait de bocage dense, d'étangs et de forêts. Le patrimoine n'est pas en reste avec les vestiges gallo-romains de Sanxay, les églises romanes et les logis seigneuriaux. Cet itinéraire de grande randonnée attire un public varié, séduit par la diversité des ambiances. Accessible sur une à deux semaines, il offre une immersion totale dans la Gâtine.
Voici ce qu'il faut retenir avant de se lancer.
- Itinéraire en boucle de 199,3 km au départ de Parthenay, dans la Citadelle.
- Dénivelé positif cumulé de 2 148 m, pour un parcours vallonné mais sans difficulté technique majeure.
- Traversée des Deux-Sèvres et de la Vienne, entre bocage, étangs et forêts.
- Patrimoine remarquable : cité médiévale, sanctuaires antiques, églises romanes et logis seigneuriaux.
- Balisage GR de Pays, praticable à pied, mais également adapté au VTT et à la course à pied.
Un itinéraire de caractère au cœur de la Gâtine
Le Tour du pays des marches de gâtine débute au Coupe-Gorge, une ruelle discrète de Parthenay dominant la vallée du Thouet. Dès les premiers kilomètres, la randonnée longe les méandres de la rivière, offre des points de vue sur les remparts et glisse sous les arcades de la porte Saint-Jacques. Cette ville étape du chemin de Compostelle conserve une atmosphère singulière, rythmée par ses maisons à pans de bois et son patrimoine architectural.
Le GR de Pays se déploie ensuite vers Saint-Loup-sur-Thouet. Ce village de caractère séduit par ses halles, son église fortifiée et ses ruelles fleuries. La suite du parcours s'enfonce dans le bocage, entre haies vives et prairies. Les chemins creux succèdent aux petites routes, offrant un contact direct avec la nature. La variété des points de vue maintient l'intérêt du marcheur tout au long des 199,3 km. Les dénivelés restent mesurés, avec une altitude maximum de 220 mètres, ce qui rend la boucle praticable pour un public de randonneurs réguliers.
Un tracé exigeant mais accessible
Avec 2 148 mètres de dénivelé positif cumulé, le parcours demande une certaine condition physique, surtout sur les sections de la vallée de la Vonne ou autour de Secondigny. Mais les montées sont rarement longues. Les passages les plus physiques se situent entre Vasles et Sanxay, où le relief s'accentue. Le tableau ci-dessous résume les principales caractéristiques du circuit.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Distance totale | 199,3 km |
| Dénivelé positif cumulé | 2 148 m |
| Altitude minimale | 81 m |
| Altitude maximale | 220 m |
| Départ et arrivée | Parthenay, quartier de la Citadelle |
| Durée moyenne | 12 à 14 jours |
Ce niveau d'effort modéré permet une découverte progressive du territoire. Le randonneur peut adapter son rythme en fonction des hébergements et des sites à visiter. Le balisage bleu et blanc du GR de Pays facilite l'orientation, même pour les personnes qui découvrent la randonnée itinérante.
Entre Deux-Sèvres et Vienne, une nature généreuse
Le paysage naturel des Marches de Gâtine constitue l'atout majeur de cette randonnée. Le territoire marque la transition entre le Massif armoricain et les plaines calcaires du Poitou. Cette position géographique unique crée une mosaïque de milieux. Les haies bocagères abritent une faune variée, des rapaces aux amphibiens. Les nombreux étangs, particulièrement autour de Saint-Pardoux et de Mazières-en-Gâtine, offrent des haltes rafraîchissantes au fil des saisons.
Le circuit longe également la vallée de la Vonne, un site classé Natura 2000. Ici, la rivière sinue au pied de coteaux boisés. Les sous-bois de chênes et de châtaigniers succèdent aux prairies humides. Au printemps, les orchidées sauvages colorent les talus. À l'automne, la lumière dorée transforme chaque chemin en tableau. Les randonneurs apprécient particulièrement le secteur de Verruyes et de Ménigoute, où le calme règne en maître. Ce dernier village, connu pour son festival du film ornithologique, témoigne de l'attachement local à la biodiversité.

La traversée du bois de l'Absie et des forêts autour de Secondigny ajoute une dimension sylvestre à la randonnée. Ces espaces, moins fréquentés, permettent d'observer cerfs et chevreuils au lever du jour. Pour les ornithologues, le secteur de la RNR du Bocage des Échelles se révèle un poste d'observation idéal. La diversité des oiseaux, de la mésange au milan royal, en fait un lieu d'étude et de contemplation.
L'eau, fil conducteur du circuit
Ruisses, fontaines et lavoirs rythment le parcours. Chaque village conserve son patrimoine hydraulique. À Ménigoute, l'étang accueille les oiseaux migrateurs. À Saint-Loup-sur-Thouet, l'ancien lavoir témoigne des usages d'antan. Plus loin, dans la vallée de l'Autize, les moulins à eau rappellent l'activité passée. Cet élément naturel structure les paysages et guide les pas du marcheur. Il explique aussi la fraîcheur relative des vallées, même en période estivale.
Cette présence constante de l'eau favorise une biodiversité remarquable. Les libellules dansent au-dessus des mares, les grenouilles accompagnent les soirées tranquilles. Les zones humides jouent un rôle clé dans la régulation des crues. Les associations locales de protection de l'environnement veillent à la préservation de ces écosystèmes. Les randonneurs sont invités à respecter la faune et la flore, en restant sur les sentiers balisés.
La diversité des points d'eau offre également des pauses bienvenues. Les pique-niques au bord des étangs comptent parmi les moments forts de l'aventure. La contemplation des reflets sur l'eau, le chant des oiseaux et l'air pur constituent un véritable bol d'énergie.
Un patrimoine bâti d'une richesse surprenante
Le patrimoine constitue la seconde grande découverte de ce Tour du Pays des Marches de Gâtine. La région concentre un nombre impressionnant de monuments, parfois modestes, souvent chargés d'histoire. Parthenay, ville de caractère, ouvre le bal avec ses remparts, son donjon et ses portes fortifiées. La ville est également célèbre pour son animation culturelle, notamment ses fêtes médiévales qui attirent des visiteurs de toute la région.
En poursuivant la boucle, le randonneur découvre le village de Saint-Loup-sur-Thouet. Son église des douzième et quinzième siècles mélange les styles roman et gothique. Les fresques intérieures méritent une halte. Le lavoir couvert et les maisons de granit composent un ensemble harmonieux. Plus à l'est, la commune de Vasles dévoile son église romane Saint-Junien, remarquable par son portail sculpté et ses chapiteaux historiés.
Sanxay, site majeur de l'itinéraire, transporte le visiteur à l'époque gallo-romaine. Les ruines d'un sanctuaire antique comprenant théâtre, thermes et temple s'étendent au cœur d'un vallon boisé. Ce lieu chargé d'histoire, mis au jour au dix-neuvième siècle par le père de la Croix, demeure l'un des ensembles les plus impressionnants de l'Ouest de la France. La randonnée passe à proximité immédiate, permettant une visite facile avant de reprendre la marche.
Les logis et églises, témoins d'un art de vivre
Le Chillou, avec son logis seigneurial entouré de douves, illustre l'architecture rurale noble de la Gâtine. Ses toits d'ardoise, ses tours et son parc arboré se découvrent au détour d'un chemin. Soutiers, de son côté, possède une église romane inscrite aux Monuments historiques, dotée d'une abside en cul-de-four et de fresques médiévales. Chaque village du parcours apporte sa pierre à l'édifice : un pont sur le Thouet, une croix de chemin, un puits communautaire.
Cette concentration patrimoniale s'explique par la position de frontière des Marches de Gâtine. Entre Poitou et Bretagne, la région fut un enjeu stratégique durant des siècles. Les seigneurs locaux bâtirent des forteresses et des logis pour asseoir leur autorité. Les Chemins de Compostelle, qui passent par Parthenay et Ménigoute, apportèrent une animation religieuse et économique. Les pèlerins contribuèrent à la construction des églises et des hospices. Aujourd'hui, cette mémoire habite chaque pierre.
Préparer son Tour des Marches de Gâtine
Pour profiter pleinement du tourisme pédestre dans cette région, une préparation minutieuse s'impose. La meilleure période se situe entre mai et octobre. Les températures restent clémentes, les journées longues et les chemins praticables. La fréquentation demeure modérée, loin des foules des grands sentiers alpins. Les amateurs de tranquillité préféreront le mois de juin ou la première quinzaine de septembre. L'automne offre des couleurs magnifiques, mais exige de bonnes chaussures imperméables.
Le balisage étant fiable, il est possible de marcher avec des cartes IGN ou une application GPS. Les cartes indiquées couvrent l'ensemble du parcours : Parthenay 1626O, La Chapelle-Saint-Laurent 1526E, Secondigny 1527E, Thenezay 1626E, Vasles 1627E, Mazières-en-Gâtine 1627O, Vouillé 1726O, Coulombiers 1727O. Un oeil attentif aux panneaux suffit toutefois pour ne pas s'égarer. Le GR est bien entretenu grâce à l'action des comités départementaux de la randonnée pédestre.
Où dormir et se ravitailler ?
L'hébergement constitue un point clé. Le tour traverse des villages où l'on trouve des gîtes d'étapes, des chambres d'hôtes et quelques petits hôtels. Les villes de Parthenay et de Secondigny offrent un plus large choix, avec également des campings. Il est conseillé de réserver en haute saison, notamment le week-end. Les offices de tourisme locaux fournissent une liste actualisée des hébergeurs. Pour les marcheurs voulant alléger leur sac, il est possible de faire transporter ses bagages par un service spécialisé.
Le ravitaillement se organise selon les étapes. Les boulangeries présentes dans les villages ouvrent généralement tôt. Des épiceries de proximité permettent de compléter les provisions. Certaines fermes proposent des paniers de produits du terroir, fromages de chèvre, charcuteries et fruits de saison. En été, les points d'eau potable sont indiqués sur les cartes. Il est prudent de toujours emporter une gourde remplie. La découverte de la gastronomie locale constitue d'ailleurs un plaisir du voyage.
Un sentier qui ouvre vers d'autres horizons
Le Tour du Pays des Marches de Gâtine ne se vit pas comme une simple randonnée sportive. Il incarne une découverte sensible d'un territoire souvent méconnu. Sa situation géographique, à mi-chemin entre la côte atlantique et les terres du Poitou, invite à prolonger l'aventure. Les passionnés du genre seront ravis d'emprunter d'autres boucles de la région, à l'image du GR364 vers le Poitou et l'océan, pour poursuivre leur exploration.
La randonnée en itinérance favorise les rencontres authentiques. Les habitants des Marches de Gâtine, fiers de leur terroir, accueillent chaleureusement les promeneurs. Les échanges autour d'un verre de vin du pays ou d'une grillée de châtaignes restent gravés dans les mémoires. Cette dimension humaine fait toute la différence avec un simple parcours sportif. Le tourisme lent, en plein essor, trouve ici un terrain d'expression idéal.
Comparable aux autres chemins balisés de la région, ce GR de Pays possède sa propre identité. Ses longues portions en pleine nature offrent une vraie déconnexion. Ceux qui ont goûté aux joies des tours similaires, comme le Tour des Monts Blond dans le Limousin, retrouveront cette même sensation de liberté. Mais la Gâtine s'apprécie pour sa discrétion, son rythme paisible et sa capacité à surprendre le marcheur patient.
Quelle est la meilleure période pour réaliser le Tour du Pays des Marches de Gâtine ?
Le printemps, de mai à juin, et l'automne, en septembre et octobre, sont les saisons idéales. Les températures sont douces, la végétation est éclatante et les chemins restent praticables. L'été, la fréquentation augmente légèrement et les après-midis peuvent être chauds, surtout dans les sections exposées.
Quel niveau de condition physique est nécessaire ?
Le parcours est accessible aux marcheurs réguliers, même sans expérience de la montagne. Les 199 km et les 2148 m de dénivelé positif exigent toutefois une bonne endurance. Une préparation progressive sur 6 à 8 semaines est conseillée, avec des sorties hebdomadaires de 10 à 20 km.
Peut-on parcourir l'itinéraire en VTT ou en vélo ?
Oui, la majorité des chemins sont carrossables et autorisés aux vététistes. Le circuit se prête bien au VTT, avec des sections techniques autour de Vasles et de Sanxay. Pour le gravel ou le vélo de route, certaines portions empruntent de petites routes goudronnées, mais l'usage d'un VTT reste recommandé.
Existe-t-il des hébergements sur tout le parcours ?
Le long du tracé, on dénombre des gîtes, chambres d'hôtes et campings dans la plupart des villages étapes. Les villes de Parthenay, Secondigny et Saint-Loup-sur-Thouet concentrent l'offre principale. En haute saison, la réservation est vivement conseillée.








