Entre Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence, le massif du Luberon se découvre à pied au fil d’un sentier de grande randonnée mythique : le GR97. Ce tour du Luberon dévoile des paysages contrastés, des villages perchés chargés d’histoire et une nature préservée. Longue d’environ 170 kilomètres, cette boucle offre aux randonneurs une immersion totale au cœur du Parc naturel régional du Luberon. Si le départ se fait souvent à Saint-Saturnin-lès-Apt, chacun peut rejoindre l’itinéraire où bon lui semble pour vivre une aventure unique entre gorges, crêtes et forêts de cèdres.
En bref :
- Le GR97 réalise le tour complet du massif du Luberon sur environ 170 km, en 8 à 10 jours.
- L’itinéraire traverse deux départements : le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence.
- Des variantes existent avec les GR de Pays du Grand et du Petit Luberon.
- Le balisage est blanc-rouge pour les GR, jaune-rouge pour les GRP.
- Le bivouac est strictement encadré, le camping sauvage interdit toute l’année.
- La meilleure période se situe au printemps et à l’automne.
Un itinéraire d’exception entre Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence
S’étendant sur plus de 60 kilomètres, le massif du Luberon constitue l’un des plus beaux terrains de jeu pour le tourisme vert et la randonnée dans le sud de la France. Le GR97, également appelé Tour du Luberon, contourne l’ensemble du massif en passant par les vallées du Calavon, la combe de Lourmarin, les crêtes dominant la Durance et les abords de la forêt des Cèdres. Ce parcours, qui relie les deux départements, offre une diversité de paysages rarement égalée : champs de lavande, falaises ocre, gorges profondes et forêts méditerranéennes.
La boucle peut être démarrée en différents points, mais le départ traditionnel de Saint-Saturnin-lès-Apt permet d’entrer rapidement dans l’ambiance du massif. Les premiers kilomètres longent la vallée de l’Aiguebrun, un endroit enchanteur où il fait bon flâner à l’ombre pendant les chaudes journées d’été. Les randonneurs expérimentés apprécient particulièrement les sections sur les hauteurs, offrant des panoramas spectaculaires sur la Durance et les Alpes-de-Haute-Provence. Pour les moins aguerris, il est toujours possible de fractionner le tour en plusieurs séjours, en utilisant les villagessitués à proximité du sentier comme points de repli.

Le patrimoine bâti reste omniprésent tout au long du tracé. Chapelles romanes, cabanes en pierre sèche, fontaines anciennes et moulins témoignent d’une histoire rurale riche. Les communes de Cucuron, Ansouis, Bonnieux ou Ménerbes, toutes proches du sentier, comptent parmi les plus beaux villages perchés de France. Le GR97 n’est donc pas qu’une simple randonnée sportive : c’est une plongée dans l’âme provençale. Chaque étape raconte une partie de l’identité du Luberon, entre traditions agricoles, influences religieuses et art de vivre méditerranéen.
GR97, GRP et variantes : quel parcours choisir ?
Si le GR97 constitue l’épine dorsale du tour du Luberon, les randonneurs peuvent également opter pour les GR de Pays qui couvrent le Grand et le Petit Luberon. Le GR de Pays Tour du Grand Luberon se réalise en 8 jours avec des étapes de 10 kilomètres, ou en 4 jours pour les plus sportifs qui acceptent 20 kilomètres quotidiens. L’itinéraire mène des vallées jusqu’aux crêtes, en passant par le Mourre Nègre, point culminant du massif avec ses 1 125 mètres d’altitude. Le GR de Pays Tour du Petit Luberon propose quant à lui une boucle de 10 jours à allure modérée, ou de 5 jours pour un rythme soutenu, entre la vallée du Calavon et les hauteurs du Petit Luberon.
Les liens entre ces sentiers sont nombreux. Le GR97 partage d’ailleurs une partie de son tracé avec le GR653D, un itinéraire historique reliant Arles à Rome, ainsi qu’avec le GR9 sur la section sommitale. Ces croisements permettent aux randonneurs de varier les plaisirs et de composer des itinéraires sur mesure. Par exemple, sur les crêtes du Luberon depuis Cucuron, il est possible de rejoindre le Mourre Nègre en suivant le balisage jaune en aller-retour, avant de revenir sur le GR97. Les amateurs de longue distance pourront s’inspirer des descriptifs détaillés du GR9 et du GR6 pour prolonger l’aventure au-delà du massif.
| Itinéraire | Distance | Durée moyenne | Difficulté |
|---|---|---|---|
| GR97 Tour du Luberon | 170 km | 8 à 10 jours | Élevée |
| GRP Tour du Grand Luberon | Environ 150 km | 4 à 8 jours | Moyenne à élevée |
| GRP Tour du Petit Luberon | Environ 130 km | 5 à 10 jours | Moyenne |
La question du balisage est essentielle pour ne pas se perdre. Sur les poteaux directionnels, les lames jaunes portent des mini-balises avec l’abréviation de l’itinéraire concerné. Il faut suivre le balisage blanc-rouge pour les GR et jaune-rouge pour les GRP. Lorsqu’un GR et un GR de Pays empruntent le même sentier, le GR domine afin d’éviter le surbalisage. Le topoguide « Tours dans le Luberon et les Monts de Vaucluse » reste la référence pour connaître le descriptif pas-à-pas et les points de vigilance. Chaque topoguide acheté contribue d’ailleurs à l’entretien des sentiers via une aide financière reversée aux comités de randonnée.
La variété des parcours autorise ainsi tous les profils à découvrir les trésors du massif. Les familles avec enfants préféreront les boucles du Petit Luberon, tandis que les randonneurs aguerris se lanceront sur les crêtes du Grand Luberon. Les plus contemplatifs opteront pour une itinérance de 10 jours afin de profiter pleinement des hébergements de charme, des producteurs locaux et des paysages changeants. Quel que soit le choix, une bonne préparation physique s’impose, car les dénivelés cumulés sur les crêtes restent exigeants.
Patrimoine, villages perchés et nature préservée
Le Luberon doit sa réputation à ses villages perchés emblématiques, qui semblent suspendus entre ciel et terre. Gordes, Roussillon, Bonnieux, Lacoste ou encore Ménerbes attirent chaque année des visiteurs du monde entier. Le GR97 ne traverse pas tous ces villages directement, mais il passe à proximité, offrant l’occasion de faire quelques détours. Leurs ruelles étroites, leurs maisons de pierre et leurs points de vue remarquables justifient largement ces excursions. Pour les randonneurs, ces villages représentent aussi des étapes pratiques pour se ravitailler, dormir ou simplement profiter de l’animation locale.
La richesse naturelle du massif n’a rien à envier à son patrimoine bâti. Les forêts de cèdres centenaires, notamment sur le versant nord du Grand Luberon, plongent le marcheur dans une atmosphère unique. La réserve naturelle géologique du Luberon, quant à elle, protège un patrimoine fossilifère exceptionnel où il est interdit de ramasser roches et fossiles. On traverse également des zones sensibles comme les gorges de l’Aiguebrun, creusées dans le calcaire, qui rappellent que l’eau a façonné ces paysages. Les amateurs d’ornithologie pourront observer une grande variété d’espèces, de l’aigle de Bonelli au circaète Jean-le-Blanc.
Cette nature préservée ne doit rien au hasard. Le Parc naturel régional du Luberon veille au quotidien à l’équilibre entre l’accueil du public et la protection des écosystèmes. Des réserves biologiques intégrales imposent de circuler uniquement sur les sentiers balisés et de tenir les chiens en laisse de manière impérative. D’autres zones, comme les espaces naturels sensibles, obéissent à des réglementations spécifiques. Il est donc indispensable de se renseigner avant de partir, surtout en période estivale. Les restrictions d’accès liées aux risques d’incendie peuvent en effet modifier considérablement le déroulement d’une randonnée entre le 15 juin et le 15 septembre.
Prendre le temps d’observer, d’écouter et de sentir est la meilleure façon de comprendre ce territoire. Chaque saison apporte son lot de couleurs et d’émotions : le printemps éclate de vert et de fleurs sauvages, l’été sent bon la garrigue et la lavande, l’automne pare les forêts de teintes flamboyantes, et l’hiver dévoile une lumière rasante magnifique sur les falaises. Le Luberon ne se livre qu’à ceux qui acceptent de ralentir. Le tour du massif à pied constitue sans doute la plus belle manière de vivre cette rencontre entre l’homme et la nature.
Préparer son tour : règles, bivouac et hébergement
La préparation d’une itinérance de plusieurs jours dans le Luberon ne s’improvise pas. Le camping sauvage est interdit toute l’année sur le territoire du Parc naturel régional. Le bivouac, toléré sous certaines conditions, doit être installé au coucher du soleil et plié au lever du jour, pour une seule nuit. Il demeure interdit dans les réserves biologiques intégrales, dans certains espaces naturels sensibles, ainsi que sur l’ensemble des massifs en période de risque élevé de feux de forêt, du 15 juin au 15 septembre. L’apport de toute source de feu, y compris les réchauds et les briquets, est prohibé dans les massifs toute l’année.
Pour dormir, les randonneurs disposent de gîtes d’étapes, de chambres d’hôtes, d’hôtels, de campings et d’auberges. La marque « Hébergements et Services Partenaires » signale les établissements qui soutiennent activement l’entretien des sentiers. Il est recommandé d’y réserver à l’avance, surtout en haute saison. Certaines étapes, en revanche, ne proposent aucun hébergement et le bivouac étant interdit, il faut parfois rallonger la journée ou prévoir un transport pour rejoindre une commune voisine. Des commerces comme la Glacière d’Anne-Sophie, près de l’étang de Cucuron, offrent une halte gourmande appréciée de mai à octobre.
L’accès au point de départ se fait en voiture ou en transport en commun. Le train TER dessert Cavaillon, puis les lignes de bus du réseau Zou (lignes 917, 915, 909 et 919) relient les principales villes du massif. Depuis Marseille, les lignes express régionales joignent Forcalquier et Digne-les-Bains. Concernant le stationnement, des parkings sont disponibles à Apt (place Charles de Gaulle, place Lauze de Perret, office de tourisme) et à Cucuron (parking des Grands Vergers). Certains hôtes acceptent que les randonneurs laissent leur véhicule sur place pendant plusieurs jours, une solution souvent pratique et sécurisante.
Avant chaque départ, il est prudent de vérifier les conditions d’accès aux massifs auprès de la préfecture. Suricate est une application mobile qui permet de signaler un problème de balisage, un danger ou un manque d’entretien sur le sentier. N’oubliez pas non plus de vous munir de bonnes chaussures de marche, d’eau en quantité suffisante et de vêtements adaptés à la météo. Les crêtes du Luberon peuvent être venteuses et fraîches même en été. Enfin, le topoguide reste l’outil le plus fiable pour connaître les modifications éventuelles de l’itinéraire, publiées en complément en ligne sur le site du comité départemental de randonnée.
Quand partir et comment organiser son itinérance ?
La période idéale se situe au printemps, d’avril à juin, et à l’automne, de septembre à octobre. Les températures sont clémentes, la nature est resplendissante et les risques d’incendie sont nettement moins élevés qu’en plein été. En juillet et août, la chaleur peut rendre certaines ascensions éprouvantes, et les restrictions d’accès aux massifs compliquent la planification. Les mois d’hiver conviennent aux randonneurs expérimentés, à condition de bien s’informer sur les conditions météorologiques. Chaque saison offre une lumière particulière, mais le printemps reste sans conteste la saison la plus photogénique pour immortaliser les champs de fleurs au pied des villages perchéssur le Luberon.
Pour réussir son tour, il est conseillé de découper l’itinéraire en fonction de ses capacités physiques et de ses envies. Une étape journalière de 15 à 20 kilomètres avec 600 à 800 mètres de dénivelé positif constitue une base raisonnable pour des marcheurs réguliers. Les plus rapides peuvent boucler le tour en 8 jours, tandis que d’autres préféreront le savourer en 10 jours avec des étapes plus courtes. L’option « bivouac » doit être réservée aux zones autorisées hors période estivale. Une solution hybride consiste à combiner hébergements en dur et nuitées en tente légère, en veillant à respecter scrupuleusement la réglementation du Parc naturel régional.
L’organisation logistique est un facteur clé de réussite. Il faut prévoir son ravitaillement dans les villages traversés ou dans les petites épiceries locales, en complétant avec des produits régionaux comme l’huile d’olive, les fruits secs et le miel. Les fontaines publiques permettent de remplir les gourdes, mais toutes ne garantissent pas une eau potable ; mieux vaut se renseigner auprès des habitants. Le GR97 croise plusieurs fois des axes routiers, ce qui facilite les rapatriements en cas de fatigue ou de météo défavorable. De nombreux randonneurs organisent d’ailleurs des navettes de voitures entre deux villages pour fractionner le parcours selon leurs disponibilités.
Pour les amoureux de longue distance, le Luberon offre également des connexions avec d’autres sentiers de grande randonnée. Le GR9 traverse la région en reliant le Jura à la Méditerranée, et son descriptif détaillé sur ce site dédié au GR9 peut inspirer une extension du voyage. Le GR653D, qui suit la voie Domitienne, passe à proximité de Cavaillon et d’Apt, et toutes les informations pratiques se trouvent sur cette page du GR653D. Ces itinéraires complémentaires transforment le tour du Luberon en une étape d’un plus vaste périple provençal, à l’image du GR6 qui relie la Gironde aux Alpes.
Quelle que soit la formule choisie, le tour du Luberon laisse des souvenirs impérissables. Chaque matin, le réveil au pied du massif, le sac bouclé et le sentier qui s’élance dans la garrigue procurent une sensation de liberté rare. Le soir, les conversations autour d’une table d’hôte et les étoiles qui scintillent au-dessus des crêtes récompensent tous les efforts. Ce voyage entre Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence est avant tout une expérience humaine, un face-à-face avec une terre généreuse qui ne demande qu’à être parcourue à son rythme.
Quelle est la longueur exacte du GR97 Tour du Luberon ?
Le sentier GR97 fait environ 170 kilomètres. Certaines variantes proposées par les GR de Pays du Grand et du Petit Luberon sont plus courtes ou plus longues selon les itinéraires choisis. La distance réelle dépend aussi des détours vers les villages et des aller-retours vers le Mourre Nègre.
Peut-on faire le tour du Luberon en moins de 8 jours ?
Oui, les randonneurs entraînés peuvent boucler le tour en 4 à 6 jours en parcourant des étapes de 25 à 30 kilomètres par jour. Il faut toutefois être prêt physiquement, car le dénivelé cumulé est important. Les GRP du Grand et du Petit Luberon offrent également des options plus courtes.
Où est-il possible de camper sur le GR97 ?
Le camping sauvage est interdit toute l’année dans le Parc naturel régional du Luberon. Le bivouac n’est autorisé qu’en dehors des réserves biologiques et des espaces naturels sensibles, hors période estivale du 15 juin au 15 septembre. Il est préférable de réserver un hébergement en gîte ou en chambre d’hôtes.
Quelles sont les meilleures saisons pour randonner dans le Luberon ?
Le printemps (avril à juin) et l’automne (septembre à octobre) offrent les conditions les plus agréables, avec des températures douces et des paysages colorés. L’été reste possible en partant tôt le matin pour éviter les fortes chaleurs, mais attention aux restrictions d’accès jusqu’au 15 septembre.
Le GR97 est-il adapté aux marcheurs débutants ?
Le tour complet du Luberon demande une bonne condition physique en raison des dénivelés sur les crêtes. Les débutants peuvent toutefois fractionner l’itinéraire en plusieurs week-ends ou opter pour une boucle plus courte dans le Petit Luberon, qui est plus accessible tout en offrant de magnifiques paysages.








