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La Suunto Vertical arrive sur le marché avec un objectif clair : offrir une montre capable de tenir plusieurs jours en montagne sans sacrifier la précision du GPS ni la navigation. Après avoir testé ce modèle sur le terrain, je confirme qu'il s'agit d'un outil sérieux pour les pratiquants d'outdoor exigeants. Loin des smartwatchs généralistes, la Vertical mise sur l'essentiel : une autonomie qui dépasse les 60 heures en mode GNSS double fréquence, une cartographie mondiale accessible hors ligne et une construction robuste. Mais ces atouts suffisent-ils face à une concurrence bien installée ? Voici ce que j'ai retenu après plusieurs semaines d'utilisation en conditions réelles.
Quels sont les vrais changements par rapport aux anciennes Suunto ?
Suunto a choisi de ne pas numéroter ce modèle. La Vertical n'est ni une Suunto 10 ni une Suunto 11. Elle reprend le suffixe de l'Ambit3 Vertical, mais cette fois comme nom complet. Techniquement, ce n'est pas la première montre cartographique de la marque : la Suunto 7 l'avait déjà tenté sous Wear OS, mais l'autonomie limitée de ce système n'avait pas convaincu les amateurs d'outdoor.

Trois ans plus tard, la Vertical corrige ce défaut avec une combinaison inédite : un boîtier de 49 mm de large (contre 43 mm pour la 9 Peak Pro), un écran de 35 mm de diamètre, une puce multi GNSS double fréquence et un nouveau capteur cardio optique. Le boîtier plus gros permet de loger une batterie plus conséquente, et la recharge solaire vient s'ajouter en option sur les versions Solar et Titanium. La mémoire de stockage passe à 32 Go, de quoi charger des cartes détaillées pour plusieurs régions.
La construction reste fidèle à l'ADN finlandais : plaque arrière en métal, cornes de bracelet intégrées au châssis, verre saphir sur les versions haut de gamme. Le poids varie de 74 g (titane) à 86 g (acier), ce qui reste raisonnable pour un boîtier de ce gabarit.
La cartographie hors ligne est-elle vraiment utilisable sur le terrain ?
C'est le point fort principal de la Vertical. Les cartes du monde entier sont téléchargeables gratuitement depuis l'application Suunto, sans abonnement. Une fois synchronisées sur la montre, elles restent accessibles sans réseau. En montagne, cela change tout : plus besoin de sortir le téléphone pour vérifier un itinéraire, la montre affiche les courbes de niveau, les sentiers et les points d'intérêt directement au poignet.
La navigation se fait via l'écran tactile ou les boutons physiques. J'ai trouvé la réactivité correcte, même sous la pluie ou avec des gants fins. Les fonctions de retour sur ses pas et de navigation vers un point d'intérêt sont simples à déclencher, ce qui rassure quand on évolue en terrain isolé. La planification d'itinéraires depuis l'application est claire : profils d'altitude, cartes de chaleur, type de surface. Une fois le parcours synchronisé, la montre guide avec des alertes de direction et des écarts de trajectoire.
Le seul bémol : l'écran n'est pas AMOLED sur la première version (il le devient sur la Vertical 2). La lisibilité reste bonne en extérieur, mais les couleurs sont moins vives que sur une Garmin Fenix 7X ou une COROS Vertix 2.
L'autonomie tient-elle vraiment ses promesses ?
Suunto annonce 60 heures en mode GNSS double fréquence sans recharge solaire. Sur le terrain, j'ai mesuré environ 55 à 58 heures en conditions réelles (montagne, forêt, ciel variable), ce qui est déjà un record sur le marché. Avec la recharge solaire, le gain dépend de l'exposition : en plein soleil, on peut espérer 5 à 10 % d'autonomie supplémentaire par heure d'activité. C'est utile pour les sorties de plusieurs jours, mais pas miraculeux par temps couvert ou sous couvert forestier.

En usage quotidien (sans GPS), la montre tient entre 20 et 30 jours selon l'utilisation des notifications et de l'écran toujours allumé. C'est largement suffisant pour ne pas la recharger avant un départ en expédition.
L'autonomie de 60 heures en GNSS double fréquence est actuellement un record sur le segment des montres outdoor, sans équivalent direct chez Garmin ou COROS.
Quels sont les points faibles à connaître avant d'acheter ?
La Suunto Vertical n'est pas parfaite, et plusieurs limitations méritent d'être connues avant de passer à l'achat.
- Absence de mesure de la VFC (variabilité de la fréquence cardiaque) : un indicateur pourtant utile pour la récupération, présent chez la concurrence depuis plusieurs années.
- Cardio optique imprécis sur efforts dynamiques : en trail rapide ou en cyclisme intensif, le capteur au poignet décroche. Mieux vaut utiliser une ceinture cardio pour un suivi fiable.
- Pas de stockage musical : impossible d'écouter de la musique sans smartphone. Un choix assumé pour privilégier l'autonomie, mais qui peut freiner ceux qui veulent une montre plus polyvalente.
- Format imposant : le boîtier de 49 mm peut être trop large pour les poignets fins, même si le poids reste bien réparti.
- Pas de fonctionnalité unique : la Vertical cumule des atouts solides, mais n'invente rien de radicalement nouveau. La cartographie, le double fréquence et la recharge solaire existent déjà chez Garmin et COROS.
Comment se positionne la Suunto Vertical face à la concurrence ?
Le tableau ci-dessous résume les principales différences avec les modèles concurrents directs.
| Critère | Suunto Vertical | Garmin Fenix 7X | COROS Vertix 2 |
|---|---|---|---|
| Autonomie GPS double fréquence | 60 h (sans solaire) | 40 h (sans solaire) | 50 h (sans solaire) |
| Cartographie hors ligne | Oui, gratuite | Oui, gratuite | Oui, gratuite |
| Recharge solaire | Oui (versions Solar/Titanium) | Oui | Non |
| Mesure VFC | Non | Oui | Oui |
| Stockage musical | Non | Oui | Non |
| Poids | 74 à 86 g | 96 g | 89 g |
| Prix indicatif | 499 € | 650 € | 550 € |
La Vertical se distingue surtout par son autonomie record et son prix plus accessible que la Fenix 7X. Elle manque toutefois de la maturité logicielle de Garmin (entraînement, récupération, métriques avancées) et de la simplicité d'usage de COROS. Son public cible est clair : les pratiquants qui privilégient la fiabilité terrain et l'autonomie avant tout, plutôt que les fonctionnalités connectées ou l'analyse sportive poussée.
Pour qui la Suunto Vertical est-elle vraiment faite ?
Ce modèle s'adresse avant tout aux traileurs longue distance, randonneurs alpins, trekkeurs et cyclistes outdoor qui passent plusieurs jours en autonomie. La cartographie hors ligne et l'autonomie record en font un outil de navigation fiable, capable de remplacer un GPS dédié. Si vous cherchez une montre pour des sorties de quelques heures en ville ou sur des sentiers balisés, elle sera probablement surdimensionnée et plus chère que nécessaire.
La Vertical 2, annoncée récemment, corrige certains défauts avec un écran AMOLED, un processeur plus rapide et une lampe LED intégrée. Mais la première version reste un excellent choix si vous trouvez un bon prix et que l'écran non AMOLED ne vous dérange pas.
Mon conseil : si votre priorité est de ne jamais tomber en panne de batterie en pleine montagne et de pouvoir charger des cartes sans abonnement, la Suunto Vertical est une option sérieuse. En revanche, si vous attendez des métriques d'entraînement avancées, de la musique ou un suivi de la récupération, regardez du côté de Garmin ou de COROS. La Vertical assume son parti pris : être une montre d'aventure avant d'être une montre connectée. À vous de voir si ce compromis correspond à votre usage.








