Le Revermont, ce chapelet de collines calcaires posé sur la ligne de partage entre l’Ain et le Jura, recèle bien plus qu’un simple décor de carte postale. Ce territoire, qui s’étire de Lons-le-Saunier jusqu’aux gorges de l’Ain, offre aux randonneurs une palette de paysages étonnamment variée : vignes en terrasses, reculées sauvages, forêts de feuillus, villages de pierre dorée. Le tour du Revermont, itinérance pédestre de six jours au départ de Neuville-sur-Ain, permet de saisir l’essence de cette région encore préservée du tourisme de masse. Au fil des sentiers, les marcheurs découvrent un patrimoine bâti remarquable, des traditions céramistes toujours vivantes et des saveurs locales qui racontent l’histoire d’un terroir singulier. Ce parcours, qui conjugue nature et culture, s’impose comme l’une des plus belles façons d’explorer les contreforts méridionaux du massif du Jura.
En bref : un voyage pédestre entre l’Ain et le Jura, au cœur d’un massif calcaire riche en contrastes. Six jours de marche pour relier villages médiévaux, belvédères vertigineux et paysages de bocage. Une expérience immersive dans les traditions locales, de la céramique à la vigne, en passant par des sites naturels emblématiques comme les grottes de Hautecourt.
Le Revermont, un massif entre plaine et montagnes
Le Revermont constitue les premiers contreforts du massif du Jura, une région naturelle qui s’étend sur environ 1 500 km² et compte près de 100 000 habitants. Ce territoire se distingue par des reliefs doux, dont les altitudes varient généralement entre 200 et 600 mètres. Mais ne vous y trompez pas : cette apparente modestie cache des points de vue spectaculaires. Depuis les crêtes, le regard plonge sur la plaine de Bresse à l’ouest et, par temps clair, il peut embrasser la chaîne du Mont-Blanc à l’horizon.
La géologie du secteur explique cette topographie singulière. Les calcaires jurassiques, sculptés par l’érosion, ont donné naissance à des reculées – ces vallées aveugles typiques du Jura – comme celles de Bourcia, et à des falaises abruptes surplombant la vallée du Suran. Cette diversité de milieux favorise une biodiversité remarquable. Les forêts de feuillus et de conifères abritent des espèces rares, tandis que les prairies sèches accueillent une flore thermophile typique des coteaux ensoleillés.
Un territoire de transition aux portes de la Bresse
Le Revermont joue pleinement son rôle de carrefour entre les mondes bressan et jurassien. La limite occidentale du massif se confond avec la plaine bressane, offrant un contraste saisissant entre les terres plates de l’Ain et les premiers reliefs boisés. C’est précisément cette variété qui fait la richesse du tour du Revermont. Les randonneurs passent en quelques heures de paysages agricoles ouverts à des gorges sauvages, de villages de pierre sèche à des points de vue vertigineux.

Les données chiffrées du circuit en disent long sur sa diversité. Le tour du Revermont, dans sa boucle complète, totalise près de 119 kilomètres. Le point culminant atteint 649 mètres, tandis que le point bas se situe à 218 mètres. Le dénivelé cumulé en montée approche les 3 640 mètres, ce qui représente une vraie préparation physique. Cette itinérance s’adresse aux randonneurs réguliers, capables d’enchaîner des étapes de 15 à 25 kilomètres sur des chemins parfois techniques, mais toujours bien balisés.
Le Tour du Revermont, c’est avant tout une histoire de regards. Ceux qui s’engagent sur ce sentier cherchent une immersion totale dans une nature encore sauve, loin des sentiers battus des Alpes du Nord. Le massif, moins fréquenté que ses voisins alpins, réserve des surprises à chaque détour : un menhir oublié, une chapelle perchée, une source pétrifiante. Il faut avoir l’œil curieux pour apprécier ces détails qui font toute la différence.
Les traditions vivantes du Revermont : de l’argile à la vigne
Le Revermont ne se résume pas à un simple décor naturel. C’est aussi une terre d’histoire et de savoir-faire. L’argile, présente en abondance dans les sous-sols, a façonné l’identité de la région. La tradition céramiste remonte à plusieurs siècles et reste perceptible dans les villages de Meillonnas et de Treffort, où des ateliers perpétuent un savoir-faire ancestral. La terre cuite orne encore de nombreuses façades, témoignant de l’importance de cette ressource dans l’architecture locale.
La vigne constitue un autre pilier de la culture revermontoise. Les coteaux bien exposés portaient autrefois d’importants vignobles. Aujourd’hui, quelques vignerons courageux remettent en valeur ces terroirs, avec des appellations qui évoquent le passé viticole du massif. Les amateurs de vin apprécieront les dégustations proposées dans les caves particulières, souvent installées dans d’anciennes fermes fortifiées. Le tourisme viticole s’y développe doucement, porté par une demande croissante d’authenticité.
Un patrimoine bâti d’exception jalonné d’étapes incontournables
Le tour du Revermont traverse des villages qui semblent figés dans une époque révolue. Journans, avec ses maisons de pierre calcaire aux toits de tuiles anciennes, offre un premier aperçu de cette architecture traditionnelle. Treffort-Cuisiat, juché sur un éperon rocheux, conserve les vestiges de son château médiéval et un centre historique remarquablement préservé. La cité de Coligny, quant à elle, rappelle l’importance stratégique de cette zone frontalière entre la France et la Bresse.
Le patrimoine ne se limite pas aux villages. Les sites naturels s’inscrivent dans cette richesse culturelle : les grottes de Hautecourt, accessibles lors de certaines étapes, offrent un voyage souterrain au cœur du massif. Le franchissement de l’Ain à Cize, sous le viaduc monumental qui surplombe la rivière, reste un moment fort de l’itinéraire. On comprend alors pourquoi le nom Revermont, qui signifie « au-delà du mont », résume si bien cette position géographique entre plaine et reliefs.
Un parcours de randonnée balisé entre belvédères et vallées sauvages
Le tour du Revermont se pratique idéalement sur six jours, ce qui permet d’alterner les étapes à travers les bocages, les forêts et les crêtes. La variété des paysages constitue l’un des principaux atouts de cette itinérance. Dès les premières heures de marche, le contraste est saisissant entre les vignes en terrasses, les prairies pâturées et les escarpements rocheux. Les belvédères naturels, comme ceux qui dominent les gorges de l’Ain, offrent des points de vue à couper le souffle sur les méandres de la rivière.
L’un des passages les plus spectaculaires du circuit se situe autour de Grand-Corent, où le sentier longe des falaises calcaires vertigineuses. Ce secteur, encore très sauvage, abrite une faune discrète où le vautour fauve fait des apparitions remarquées. La partie vers Bourcia, côté jurassien, plonge les randonneurs dans des reculées typiques, véritables amphithéâtres naturels creusés dans la roche. Ce contraste entre les versants de l’Ain et ceux du Jura fait toute la singularité du tour.
Organiser son itinérance : étapes, hébergements et cartes
La préparation d’un tel périple demande quelques repères. Le point de départ classique est Neuville-sur-Ain, facilement accessible en voiture ou en transport. De là, le circuit se déroule en boucle, ce qui permet de revenir à son point de départ sans utiliser de navette. Les cartes IGN au 1:25 000 restent les outils de référence : les feuilles Saint-Amour, Bourg-en-Bresse Est, Amberieu-en-Bugey et Oyonnax Gorges de l’Ain couvrent l’intégralité du parcours. Une topocarte spécifique au tour du Revermont est également en vente à l’office de tourisme de Bourg-en-Bresse, avec des informations pratiques actualisées pour la saison 2026.
L’hébergement constitue un enjeu important pour les randonneurs. Le secteur compte des chambres d’hôtes, des gîtes d’étape et quelques refuges. Les réservations s’effectuent souvent plusieurs semaines à l’avance, surtout aux périodes de forte affluence au printemps et à l’automne. Il faut également prévoir des possibilités de ravitaillement dans les villages traversés, car certains tronçons sont éloignés des commerces. Une organisation minutieuse reste la clé d’une expérience réussie.
| Étape | Village traversé | Dénivelé (montée) | Distance | Point d’intérêt |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Neuville-sur-Ain → Journans | 350 m | 18 km | Vue sur la plaine de Bresse |
| 2 | Journans → Treffort-Cuisiat | 450 m | 20 km | Village médiéval et église |
| 3 | Treffort-Cuisiat → Coligny | 400 m | 22 km | Céramique traditionnelle |
| 4 | Coligny → Grand-Corent | 550 m | 19 km | Belvédère sur les gorges de l’Ain |
| 5 | Grand-Corent → Cize | 380 m | 21 km | Viaduc et grottes de Hautecourt |
| 6 | Cize → Poncin | 300 m | 19 km | Cité médiévale |
Nature et culture locale : deux facettes d’un même territoire
Le tour du Revermont ne serait pas complet sans une plongée dans la vie locale. Les musées, petits mais vivants, racontent l’histoire des hommes et des femmes qui ont façonné ce paysage. Le musée de la céramique de Meillonnas présente une collection unique de pièces anciennes et contemporaines, révélant la permanence de ce savoir-faire artisanal. À quelques kilomètres, la cité de Coligny abrite un patrimoine archéologique et architectural remarquable, témoin des échanges frontaliers d’autrefois.
La culture locale s’exprime aussi dans la convivialité des tables. Les producteurs fermiers proposent des spécialités qui sentent bon le terroir : volailles de Bresse, fromages affinés, miel de montagne, fruits rouges cultivés sur les coteaux. Les marchés hebdomadaires des villages offrent l’occasion de goûter à ces produits et d’échanger avec celles et ceux qui font vivre le territoire. Cette dimension humaine ajoute une chaleur précieuse à l’expérience du randonneur.
Quand partir pour profiter pleinement du massif ?
La période idéale pour boucler le tour du Revermont s’étend d’avril à octobre. Le printemps offre des sous-bois fleuris et des températures agréables, tandis que l’automne pare les forêts de couleurs flamboyantes. L’été reste praticable, à condition de partir tôt le matin pour éviter les fortes chaleurs dans les parties découvertes. En hiver, le circuit ne s’adresse qu’aux randonneurs aguerris, car la neige et le verglas compliquent sérieusement la progression sur les crêtes.
Cette itinérance se révèle finalement bien plus qu’une simple randonnée sportive. Elle offre une véritable plongée dans un territoire vivant, où la nature préservée côtoie des traditions ancestrales. Ceux qui souhaitent obtenir des informations complémentaires sur les variantes du parcours ou les itinéraires de liaison peuvent consulter les ressources dédiées à la région, notamment sur les points de passage vers la Bresse comtoise. Le tour du Revermont laisse rarement indifférent : entre la beauté brute des paysages et la chaleur des rencontres, il s’impose comme l’un des joyaux de la randonnée hexagonale.
Les dernières étapes du circuit, entre Poncin et Neuville-sur-Ain, bouclent la boucle dans une ambiance plus bucolique. Les chemins longent les méandres de l’Ain, offrant des passages ombragés sous les arbres riverains. Cette dernière ligne droite permet de savourer l’accomplissement d’un parcours exigeant mais profondément gratifiant. Le tour du Revermont est une école de l’observation, une leçon de géographie grandeur nature, et surtout une invitation à ralentir pour mieux apprécier ce que la nature offre de plus simple et de plus beau.
Quelle est la durée idéale pour réaliser le tour du Revermont ?
Le tour complet se pratique généralement sur six jours, mais il est tout à fait possible de le raccourcir ou de l’allonger selon son niveau. Les marcheurs expérimentés peuvent le boucler en quatre ou cinq jours, tandis que ceux qui préfèrent prendre leur temps pour visiter les villages et les musées choisiront une semaine. Cette flexibilité en fait un circuit accessible à un large public de randonneurs réguliers. Il est conseillé de prévoir des étapes de 15 à 22 kilomètres pour profiter pleinement des paysages et éviter la fatigue.
Quel est le niveau de difficulté du tour du Revermont ?
Le dénivelé cumulé avoisine les 3 640 mètres en montée sur 119 kilomètres, ce qui correspond à un niveau intermédiaire. Les montées sont rarement très raides, mais elles s’enchaînent tout au long du parcours. Une condition physique correcte est nécessaire, surtout pour les étapes qui longent les gorges de l’Ain. Les randonneurs débutants peuvent diviser certaines sections en deux jours pour réduire la charge quotidienne.
Où trouver les cartes et informations pour préparer son itinéraire ?
Les cartes IGN au 1:25 000 couvrent l’ensemble du circuit : Saint-Amour, Bourg-en-Bresse Est, Amberieu-en-Bugey, Oyonnax Gorges de l’Ain et Nantua Hauteville-Lompnes. Une topocarte spécifique au tour du Revermont est en vente à l’office de tourisme de Bourg-en-Bresse. Cette dernière inclut des informations récentes sur les hébergements et les points d’intérêt, mises à jour pour la saison 2026. Des ressources en ligne permettent également de consulter des traces GPS fiables.
Quelles sont les meilleures périodes pour randonner dans le Revermont ?
Les mois d’avril, mai et juin offrent des conditions idéales : températures douces, végétation verdoyante et journées longues. Septembre et octobre sont également excellents avec des couleurs automnales spectaculaires. Il faut éviter les périodes de canicule en juillet et août, car certaines portions sont très exposées au soleil. Le printemps reste la saison préférée des amateurs de flore sauvage.








