Dans les Bouches-du-Rhône, un itinéraire de randonnée hors norme raconte l’histoire de la production énergétique provençale. Le Sentier Provence, Mines d’Énergies, deuxième GR de Pays du département, relie quatorze communes entre Aix-en-Provence et Aubagne. Ce tour de Provence singulier traverse d’anciens sites miniers, des collines boisées et des paysages agricoles préservés. Avec ses trois grands pétales et ses treize boucles locales, il offre plus de 150 kilomètres d’escapades à pied, à vélo ou à cheval. Un voyage au cœur d’une mémoire industrielle unique, où la nature sauvage a repris ses droits. Entre panoramas spectaculaires et vestiges du charbon, les randonneurs découvrent une facette méconnue de la région. Le sentier incarne aussi une vitrine de la transition énergétique, entre énergie solaire, éolien et patrimoine minier réhabilité. Une invitation à explorer les ressources naturelles autrement.
- Deuxième GR de Pays des Bouches-du-Rhône, inauguré le 29 mars 2019
- Trois itinéraires principaux de 42, 45 et 66 kilomètres
- Quatorze communes traversées entre le Pays d’Aix et le Pays d’Aubagne
- Un patrimoine industriel mêlé à une biodiversité remarquable
- Des conseils pratiques pour préparer sa randonnée en toute sécurité
- Un territoire en pleine reconversion vers les énergies renouvelables
Un itinéraire unique au cœur du bassin minier de Provence
Au lendemain du GR2013, le département des Bouches-du-Rhône a vu naître un deuxième GR de Pays : le Sentier Provence, Mines d’Énergies. Inauguré le 29 mars 2019, ce sentier de grande randonnée a été pensé par un collectif de communes décidées à valoriser leur histoire commune. Ces municipalités ont travaillé ensemble pour créer une route appelée « Sentier, Provence Mines d’Énergies », sous la forme d’une boucle pédestre reliant les sites majeurs de l’ancien bassin minier.
L’objectif était de transformer la mémoire du charbon en un véritable atout touristique. Les anciennes mines de Gardanne et de Fuveau, longtemps fermées au public, sont devenues des points d’intérêt patrimoniaux. Le sentier traverse des villages typiques tels que Mimet, Trets, Meyreuil, Gréasque, Peynier ou encore Rousset. Chaque commune apporte sa pierre à l’édifice, avec son histoire, ses paysages et ses savoir-faire.
Cette randonnée ne se contente pas de relier des points sur une carte. Elle offre une compréhension concrète de ce que fut la production énergétique dans la région. Du charbon extrait pendant plus de deux siècles aux projets actuels de développement durable, le parcours raconte une évolution passionnante. Pour les passionnés de géologie, les anciens terrils et les affleurements rocheux sont de véritables livres ouverts. Pour les amateurs de nature, les pinèdes et les garrigues abritent une faune discrète mais bien présente.
Le choix de créer un GR de Pays répondait aussi à une demande croissante d’itinérances accessibles. Contrairement aux grands GR de montagne, ce sentier se parcourt à un rythme doux, avec des dénivelés modérés. Les familles, les marcheurs occasionnels et les sportifs confirmés trouvent ici un terrain adapté à leurs envies. L’inauguration officielle de 2019 a donc marqué un tournant dans la manière de visiter le terroir provençal.

Trois pétales pour explorer les Bouches-du-Rhône
Le Sentier Provence, Mines d’Énergies se déploie en trois grands pétales complétés par treize boucles locales. Cette structure en fleur permet aux randonneurs de choisir leur engagement, de la simple promenade à la grande traversée. Le pétale Nord, long de 42 kilomètres, part de Gréasque et serpente vers des points de vue remarquables sur le massif de l’Étoile. Le pétale Sud, avec ses 45 kilomètres, relie Gréasque à Belcodène, Auriol et La Destrousse, dans une Provence encore très sauvage. Le pétale Est, le plus long avec 66 kilomètres, plonge au cœur de l’ancien bassin minier de Gardanne et Fuveau.
Cette organisation donne une grande souplesse d’utilisation. On peut enchaîner les trois pétales sur une semaine complète, ou choisir une seule boucle pour une journée. Les treize boucles locales, plus courtes, sont parfaites pour découvrir un village ou un site particulier. Elles permettent aussi de rejoindre les hébergements et les points de ravitaillement. Le topo-guide publié par la Fédération française de la randonnée pédestre, disponible au prix de 15,20 euros, détaille chaque étape, les difficultés et les centres d’intérêt.
Parmi les étapes emblématiques, la boucle de Fuveau offre une plongée dans l’ambiance si particulière du bassin minier. Les anciens chevalements, les cités ouvrières et les terrils racontent une époque où la houille rythmait la vie locale. Aujourd’hui, les sentiers soigneusement balisées par la Fédération permettent de sillonner ces lieux chargés d’histoire en toute sécurité. Les randonneurs débutants apprécieront les dénivelés modestes, tandis que les plus sportifs pourront courir ou marcher à bon rythme sur les sentiers parfois techniques.
| Pétale | Distance | Communes principales |
|---|---|---|
| Nord | 42 km | Gréasque, Mimet, Simiane-Collongue |
| Sud | 45 km | Gréasque, Belcodène, Auriol, La Destrousse |
| Est | 66 km | Gardanne, Fuveau, Meyreuil, Peynier, Trets |
Dans la continuité de ce maillage, les boucles locales permettent d’allonger ou de raccourcir les parcours. Elles sont aussi l’occasion de découvrir des chapelles, des fontaines et des restanques qui font le charme de la Provence. L’ensemble forme un véritable réseau de mines d’énergie au sens large, où chaque pas résonne avec l’histoire économique du territoire.
Patrimoine industriel et biodiversité remarquable
Ce qui frappe d’abord en arpentant le Sentier Provence, Mines d’Énergies, c’est la cohabitation entre les vestiges industriels et une nature étonnamment vivante. Les anciens sites d’extraction, abandonnés pendant des décennies, sont devenus des refuges pour la faune locale. Les cheminées, les puits et les bâtiments en pierre sertissent des paysages où le vert des chênes verts contraste avec l’ocre de la terre. Les ornithologues y observent mésanges, fauvettes et rapaces, tandis que les lézards ocellés se chauffent sur les murets de pierre sèche.
Cette biodiversité n’est pas le fruit du hasard. Les terrils et les sols perturbés ont été colonisés par des espèces pionnières, créant des habitats originaux. La flore, composée de thym, de romarin et de cistes, rappelle que la Méditerranée sait se réapproprier les terrains les plus ingrats. Au printemps, les orchidées sauvages fleurissent en abondance sur les talus. En été, les cigales offrent un fond sonore inoubliable. L’automne, quant à lui, pare les collines de teintes cuivrées.
Les points de vue sont tout aussi spectaculaires. Depuis les hauteurs de Gréasque ou de Mimet, le regard embrasse la montagne Sainte-Victoire, chère à Cézanne, et le massif de la Sainte-Baume. Ces belvédères rappellent que l’on se trouve entre deux grands massifs provençaux, dans un corridor naturel préservé. Le contraste entre les anciennes installations minières et ces horizons grandioses donne au parcours une identité unique.
Au fil des kilomètres, on croise d’ailleurs des vestiges plus discrets : petites gare de triage, ateliers, cités ouvrières aux façades ouvragées. Ces éléments patrimoniaux sont autant de clés pour comprendre la vie des mineurs et de leurs familles. Des panneaux pédagogiques, installés par les communes, expliquent les techniques d’extraction, les conditions de travail et l’évolution du bassin. Cette dimension culturelle fait du sentier une véritable randonnée musée à ciel ouvert.
Randonner sur le Sentier Provence, Mines d’Énergies
Avant de se lancer sur les pétales, quelques précautions s’imposent pour profiter pleinement de l’expérience. Le balisage est conforme aux normes des GR de Pays : traits horizontaux jaunes et rouges. Il est régulièrement entretenu par les bénévoles de la Fédération française de la randonnée pédestre. Le topo-guide, en vente à l’office de tourisme ou sur la boutique en ligne, reste la référence pour connaître les variantes, les hébergements et les points d’eau. Pour un entraînement optimal, certains randonneurs utilisent aussi des applications GPS, mais le papier reste plus fiable dans les zones sans réseau.
L’eau est un point de vigilance majeur en région méditerranéenne. Certaines portions traversent des espaces secs, sans source ni fontaine. Il est impératif de prévoir au moins deux litres d’eau par personne et par journée en été. Les départs à la fraîche, dès 6 heures du matin, sont vivement recommandés entre juin et septembre. En hiver, les journées courtes imposent de partir tôt et de porter un équipement adapté à la pluie.
Par ailleurs, la réglementation sur la prévention des incendies s'applique strictement du 1er juin au 30 septembre. L’accès à certains massifs forestiers est réglementé par arrêté préfectoral, parfois même interdit. Il est donc essentiel de se renseigner à la mairie ou à l’office de tourisme avant le départ. Les règles de bonne conduite sont simples : rester sur les chemins balisés, respecter la faune et la flore, ne pas fumer ni allumer de feu, et emporter ses déchets. Les chiens doivent être tenus en laisse, particulièrement dans les zones de pâturage.
Pour les marcheurs qui souhaitent préparer leur itinéraire de manière détaillée, des ressources en ligne sont disponibles. Par exemple, le descriptif complet du sentier Mines d’Énergies donne des traces GPS et des conseils avisés. Ces outils numériques complètent utilement le topo-guide papier. Enfin, sachez que le sentier est praticable par les vététistes et les cavaliers, dans le respect des autres usagers.
Voici une liste de bonnes pratiques à suivre pendant votre randonnée :
- Rester sur les chemins balisés pour protéger la flore
- Respecter la tranquillité des résidents et des riverains
- Tenir son chien en laisse, même en montagne
- Ne pas cueillir de fleurs ni de plantes
- Récupérer soigneusement ses déchets
- Ne pas souiller les sources ni les puits
- Vérifier l’arrêté préfectoral en période estivale
Énergies renouvelables et transition énergétique dans les Bouches-du-Rhône
Le passé minier de Gardanne et de Fuveau offre un prisme intéressant pour aborder la question contemporaine des énergies renouvelables. Là où l’on extrayait du charbon, on développe désormais des centrales solaires photovoltaïques et des parcs éoliens. Les friches industrielles sont réhabilitées pour accueillir des installations de production énergétique plus respectueuses de l’environnement. Cette reconversion illustre concrètement les défis et les opportunités de la transition énergétique en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Le territoire des Bouches-du-Rhône bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel, propice à l’énergie solaire. De nombreuses toitures de hangars agricoles et d’anciens sites industriels sont équipées de panneaux photovoltaïques. Les projets d’énergie éolienne, bien que plus contestés, se déploient sur les plateaux ventés. L’enjeu est double : réduire les émissions de gaz à effet de serre et créer de nouvelles filières d’emplois locaux.
Ce renouveau énergétique s’accompagne d’une prise de conscience de la fragilité des ressources naturelles. Les randonneurs du Sentier Provence, Mines d’Énergies, sont invités à méditer sur la finitude des énergies fossiles. Le contraste entre les terrils noirs de suie et les éoliennes blanches devient une parabole moderne. Peut-être est-ce là l’une des forces de ce sentier : offrir une leçon d’histoire et d’avenir dans une même promenade.
Les amateurs de randonnées thématiques trouveront une démarche comparable sur d’autres circuits. On pense notamment au GR70 Sentier Stevenson, qui invite à une immersion littéraire et paysagère dans les Cévennes. Ici, la thématique est industrielle, mais la démarche est identique : marcher pour comprendre un territoire.
En définitive, le Sentier Provence, Mines d’Énergies, dépasse le simple cadre de la balade sportive. Il propose une lecture complète de la relation entre l’homme, l’énergie et le paysage. Du charbon au soleil, de la mine au grand air, chaque pas fait écho aux mutations de notre société. Un parcours à vivre pour tous ceux qui croient qu’un développement durable est possible, enraciné dans la mémoire des lieux.
Quelle est la meilleure période pour randonner sur le Sentier Provence, Mines d’Énergies ?
Le printemps (avril à juin) et l’automne (septembre à novembre) sont idéaux. Les températures sont douces et la végétation est éclatante. En été, partez tôt le matin et prévoyez beaucoup d’eau. En hiver, les journées sont courtes mais les sentiers restent praticables.
Le sentier est-il accessible aux randonneurs débutants ?
Oui, la majorité des tronçons présentent des dénivelés modérés. Les boucles locales sont parfaites pour une première expérience. En revanche, certains chemins après la pluie sont glissants. Un bon niveau de marche et des chaussures adaptées sont nécessaires.
Peut-on parcourir le sentier à vélo ou à cheval ?
Oui, le GR de Pays est partagé entre les marcheurs, les cavaliers et les cyclistes. Environ 30% du parcours est carrossable. Il faut toutefois respecter la priorité aux piétons et signaler sa présence en douceur.
Où se procurer le topo-guide officiel ?
Le topo-guide est vendu au prix de 15,20 euros. On le trouve à l’accueil de l’Office de Tourisme, sur la boutique en ligne de la Fédération française de la randonnée, ou sur des plateformes spécialisées comme le site de la FFRandonnée.








