Entre le Cantal et le Vaucluse, le chemin Urbain V trace une diagonale singulière à travers le sud du Massif central. Cet itinéraire de grande randonnée, qui rend hommage au pape lozérien Guillaume de Grimoard, séduit chaque année davantage de marcheurs en quête d’authenticité. Sur 435 kilomètres, le sentier relie Saint-Flour à Avignon en traversant l’Aubrac, les Cévennes et les garrigues. Un parcours qui mêle histoire, patrimoine et diversité culturelle.
Homologué par la Fédération française de randonnée sous le nom de GR 670, ce chemin se distingue par son exceptionnelle concentration de sites classés à l’UNESCO. Des chemins de Compostelle au Pont du Gard, en passant par le Palais des Papes, chaque étape raconte une page de l’histoire de France. En 2026, le chemin Urbain V s’impose comme une référence pour les amateurs de tourisme lent et de mobilité durable. Voici ce qu’il faut savoir avant de se lancer sur cette itinérance hors du commun.
- 435 km de sentiers balisés entre Saint-Flour et Avignon.
- 21 jours de marche en moyenne pour boucler le parcours.
- 5 sites UNESCO reliés directement par l’itinéraire.
- 1 lieu de naissance : le château de Grizac, où naquit Urbain V.
- 1 topoguide officiel : le GR 670 coédité avec la FFRandonnée.
- 1 association dédiée à la valorisation du chemin.
Les origines historiques du chemin Urbain V
Le chemin Urbain V puise son inspiration dans la vie d’un homme : Guillaume de Grimoard, né en 1310 au château de Grizac, sur le mont Lozère. Devenu pape en 1362 sous le nom d’Urbain V, cet ecclésiastique resta toute sa vie profondément attaché à sa terre natale. Pour comprendre la singularité de ce sentier, il faut mesurer l’importance de ce personnage historique.
Avant d’accéder à la papauté, Guillaume de Grimoard fut moine, abbé puis légat pontifical. Il sillonna l’Europe médiévale, de Clermont à Avignon, en passant par les monastères bénédictins du sud de la France. Le parcours actuel reprend approximativement ce que pouvaient être ses déplacements entre le Gévaudan, le Languedoc et la Provence. L’association des amis du bienheureux pape Urbain V a réalisé un travail considérable pour reconstituer cet historique et proposer un itinéraire cohérent.
Le tracé officiel fut homologué le 15 juin 2014, puis prolongé en 2023 du côté de Saint-Flour, dans le Cantal. Ce prolongement a modifié le point de départ du chemin, autrefois situé au Puy-en-Velay. Aujourd’hui, le GR 670 démarre au pied de la cathédrale de Saint-Flour et traverse des territoires aussi variés que l’Aubrac, les Grands Causses, les Cévennes et les garrigues du Gard. La richesse de cette histoire se lit dans les villages traversés, les chapelles romanes et les châteaux fortifiés qui ponctuent l’itinéraire.
Le saviez-vous ? Le château de Grizac, lieu de naissance de Guillaume de Grimoard, est toujours visible au-dessus du village du Pont-de-Montvert. Une plaque commémorative rappelle cet héritage. Les randonneurs peuvent y faire une halte avant de rejoindre les hauteurs du mont Lozère. Pour préparer cette étape en détail, il est recommandé de consulter un guide GPS dédié au parcours du GR670, qui propose des tracés numériques téléchargeables. La dimension historique de ce chemin ne se limite pas au Moyen Âge : on y croise aussi des vestiges antiques, des dolmens et des menhirs, témoins d’une occupation humaine vieille de plusieurs millénaires.

Un itinéraire exceptionnel entre nature et patrimoine mondial
La grande particularité du chemin Urbain V réside dans sa capacité à relier cinq sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Aucun autre GR en France ne peut se targuer d’une telle concentration de merveilles architecturales et naturelles. Cette caractéristique en fait un sentier unique pour les amateurs de patrimoine et de tourisme culturel.
Le premier site remarquable est celui des chemins de Compostelle, dont le GR 670 emprunte certaines sections. Ensuite, les causses et les Cévennes, inscrits au titre de paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen, offrent des panoramas spectaculaires. Le Pont du Gard, joyau de l’architecture romaine, constitue une étape incontournable. Enfin, l’ensemble architectural avignonnais comprenant le Palais des Papes et le pont Saint-Bénézet marque l’arrivée triomphale du parcours.
Au-delà de ces monuments, le chemin suit des chemins de transhumance, pratique inscrite sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel. Ces drailles, empruntées des siècles durant par les bergers et leurs troupeaux, forment un réseau de sentiers parfaitement adaptés à la randonnée. Elles traversent des paysages d’une grande diversité : plateaux volcaniques, gorges sauvages, vallées verdoyantes et collines arides. Les gorges du Bès, notamment, offrent un spectacle minéral impressionnant, ponctué de cascades et de tunnels naturels.
Cette dimension patrimoniale attire un public varié. Des randonneurs confirmés recherchent un défi sportif sur les pentes de l’Aubrac, tandis que des marcheurs plus contemplatifs viennent admirer l’architecture des villages de pierre. Le viaduc Eiffel de Garabit, chef-d’œuvre de Gustave Eiffel, est l’un des points d’intérêt les plus photographiés du début de parcours.
Les atouts du sentier pour un tourisme durable et une mobilité active
Le chemin Urbain V s’inscrit parfaitement dans les tendances actuelles du tourisme en 2026. Face à la sur fréquentation de certains sites comme le Mont-Blanc ou la côte d’Azur, ce type d’itinéraire offre une alternative durable et moins saturée. Les collectivités locales misent désormais sur ce potentiel pour encourager une mobilité douce sur le long terme.
Le tourisme à pied présente des bénéfices concrets pour les territoires traversés. Les randonneurs consomment local : ils dorment dans les gîtes d’étape, achètent des produits fermiers et font vivre des villages qui peinent parfois à maintenir leurs commerces. En ce sens, le chemin agit comme un véritable levier de développement économique rural. L’association qui gère le sentier travaille main dans la main avec les offices de tourisme et les hébergeurs pour garantir la qualité de l’accueil.
La question de la mobilité durable est également centrale. Le chemin est accessible en train, avec des gares à Saint-Chély-d’Apcher, Marvejols, Mende, Alès ou encore Avignon. Cela permet aux randonneurs de rejoindre le point de départ sans utiliser leur voiture. De plus, des services de transport de bagages se sont développés le long du parcours, facilitant les randonnées en itinérance. Cette logistique encourage une pratique plus légère, où l’on ne porte que le nécessaire du jour.
Pour celles et ceux qui souhaitent s’initier à ce type de voyage, des itinéraires plus courts existent. On peut par exemple parcourir uniquement la section entre Mende et Florac, ou bien se concentrer sur les Cévennes. Il est aussi possible de comparer avec d’autres sentiers de moyenne montagne comme le tour des Monts d’Aubrac, qui offre des similitudes paysagères mais une difficulté moindre. Chaque option permet de vivre une expérience authentique, à son rythme.
Le respect de l’environnement reste une priorité absolue. Les gestionnaires du chemin incitent à adopter les bons réflexes : ne pas laisser de déchets, rester sur les sentiers balisés, ne pas déranger la faune sauvage. Cette éthique est d’autant plus importante que le parcours traverse des zones sensibles comme le Parc national des Cévennes.
Au fil des étapes : découvrez les richesses architecturales et paysagères
Chaque étape du chemin Urbain V apporte son lot de découvertes. Le tableau ci-dessous présente une synthèse des sections principales, avec les points d’intérêt majeurs à ne pas manquer. Les distances et altitudes indiquées proviennent du topoguide officiel.
| Étape | Distance | Altitude | Points d’intérêt |
|---|---|---|---|
| Saint-Flour à Grizac | 38 km | 1070 m | Viaduc de Garabit, château de Grizac |
| Grizac à Mende | 47 km | 850 m | Cascade du Déroc, cathédrale de Mende |
| Mende à Florac | 42 km | 700 m | Cham des Bondons, Parc national des Cévennes |
| Florac au col Saint-Pierre | 55 km | 597 m | Borne royale, signal Saint-Pierre |
| Col Saint-Pierre à Vézénobres | 65 km | 400 m | Villages de pierre, garrigues |
| Vézénobres au Pont du Gard | 70 km | 120 m | Pont du Gard, vestiges romains |
| Pont du Gard à Avignon | 38 km | 120 m | Palais des Papes, pont Saint-Bénézet |
La première partie du chemin, de Saint-Flour à Mende, surprend par ses paysages de moyenne montagne. On évolue sur les hauteurs de l’Aubrac, un plateau volcanique balayé par les vents, où paissent encore des troupeaux de vaches et de brebis. Les estives offrent des points de vue à perte de vue, notamment au signal de Mailhebiau, point culminant du parcours. La diversité des paysages impose une bonne préparation physique : certains passages techniques, comme les gorges du Bès, sont parsemés d’éboulis et de ruisseaux.
La traversée des Cévennes constitue sans doute le moment le plus intense. Ici, le paysage urbain cède la place à une nature sauvage et préservée. Les randonneurs progressent sur d’anciens chemins de douaniers, entre châtaigneraies et crêtes arides. L’architecture des maisons cévenoles, avec leurs toits de lauzes et leurs murs de schiste, témoigne d’un savoir-faire ancestral. C’est aussi l’occasion de découvrir la culture protestante locale, avec ses temples et ses sentiers de contrebande.
L’arrivée sur les contreforts du Gard annonce un changement de lumière. La garrigue embaume le thym et le romarin, et les villages comme Vézénobres offrent un patrimoine médiéval remarquable. La dernière ligne droite vers le Pont du Gard et Avignon se fait au rythme des canaux et des berges du Gardon. La vision du Palais des Papes au couchant reste un souvenir impérissable pour tous les marcheurs.
Préparer sa randonnée : conseils pratiques, accès et nouveautés
Bien préparer son itinéraire est la clé d’une expérience réussie. En 2026, les ressources disponibles pour le chemin Urbain V n’ont jamais été aussi complètes. L’association des amis du bienheureux pape Urbain V a mis en ligne un nouveau site internet à la fin de l’année 2025, entièrement repensé pour accompagner les futurs randonneurs. Cinq chapitres y sont proposés : découvrir, randonner, séjourner, se préparer et échanger.
Le site officiel fournit des cartes détaillées et lisibles étape par étape, des suggestions d’hébergements, des repères historiques et spirituels, ainsi que des conseils pratiques sur la marche, la logistique et la sécurité. Une rubrique spécifique aborde le transport des bagages et l’accessibilité du parcours. Cette mine d’informations facilite grandement l’organisation d’un périple de plusieurs semaines.
Le topoguide « Le chemin Urbain V » (référence 670) reste un compagnon indispensable. Coédité par la FFRandonnée, le département du Gard et l’association, il convient aussi bien aux novices qu’aux randonneurs chevronnés. Il détaille chaque section, avec des cartes au 1 : 25 000, des profils altimétriques et des informations pratiques sur les gîtes et les points de ravitaillement. Il existe également des solutions numériques pour suivre le tracé sur son smartphone, avec un lest GPS précis et régulièrement mis à jour.
Pour se rendre sur le chemin, plusieurs options s’offrent aux voyageurs. Depuis Paris, la ligne de train directe en direction de Saint-Chély-d’Apcher permet de rejoindre le Cantal en moins de cinq heures. Depuis Lyon, la ligne TER vers Nîmes dessert de nombreuses communes situées à proximité du sentier. Il est aussi possible de combiner ce parcours avec d’autres itinéraires de la région, comme la traversée du mont Lozère ou le tour du pays de Sault.
La sécurité en montagne demeure un sujet central. Les conditions météorologiques peuvent changer rapidement sur les causses, même en été. Il est essentiel de se renseigner sur les prévisions avant chaque journée de marche, de prévoir des vêtements adaptés et d’emporter suffisamment d’eau, notamment dans les sections dépourvues de sources. Le balisage, fidèle au standard des GR, est en général très bien entretenu, mais un guidage GPS reste recommandé dans les zones de brouillard et les portions plus isolées.
Les incontournables à ne pas manquer
Voici une sélection des sites majeurs à cocher sur sa liste avant de partir. Chacun d’entre eux mérite une halte prolongée et raconte une facette particulière de ce territoire.
- Le château de Grizac : sur les hauteurs du mont Lozère, cette forteresse du XIIIe siècle est le berceau d’Urbain V.
- Mende et sa cathédrale : la statue du pape lozérien y trône fièrement, face aux montagnes de l’Aubrac.
- Le Cham des Bondons : ce champ de menhirs, l’un des plus importants de France, fascine par son mystère.
- Florac : porte d’entrée du Parc national des Cévennes, la ville abrite un château du XVIIe siècle.
- La chapelle Saint-Saturnin de Bédouès : un édifice roman perché qui servit de refuge à Urbain V.
- Le Pont du Gard : chef-d’œuvre antique d’une hauteur de 49 mètres, point d’orgue avant Avignon.
Au-delà de ces étapes célèbres, ce sont souvent les petites découvertes qui marquent les esprits : une source fraîche où se désaltérer, un peintre installé sur le bord du sentier, la rencontre inattendue d’un berger et de son troupeau. C’est cette authenticité qui forge la réputation du chemin Urbain V.
Quelle est la période idéale pour parcourir le chemin Urbain V ?
Le printemps (avril à juin) est particulièrement apprécié pour ses prairies fleuries et ses températures douces. L’automne (septembre à octobre) offre de belles couleurs et des journées encore ensoleillées. En été, la chaleur peut être intense dans les gorges et les garrigues, sauf sur les hauteurs de l’Aubrac où il fait plus frais.
Le chemin Urbain V est-il adapté aux randonneurs débutants ?
Le parcours présente des dénivelés notables et des étapes parfois longues. Il est conseillé d’avoir une expérience de la marche en moyenne montagne. Les randonneurs moins aguerris peuvent opter pour des sections plus courtes, comme la boucle autour de Mende ou la descente du Gardon.
Existe-t-il des solutions pour transporter ses bagages ?
Oui, plusieurs prestataires locaux proposent un service de transport de bagages entre les étapes. Ce service est organisé en collaboration avec les hébergeurs, ce qui permet de marcher léger. Il est recommandé de réserver à l’avance, surtout en période de forte affluence.
Quelle est la différence entre le GR 670 et l’ancien chemin ?
Le GR 670 est le nom officiel du sentier, homologué en 2014 puis prolongé en 2023. Depuis ce prolongement, le départ ne se fait plus au Puy-en-Velay mais à Saint-Flour. Le tracé a été entièrement revu sur certaines portions pour améliorer la sécurité et la qualité paysagère.








