La Grande traversée des préalpes s'impose comme l'une des plus belles randonnées itinérantes du sud de la France. Ce sentier balisé traverse les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence sur environ 170 kilomètres, entre Sisteron et Entrevaux. Avec ses crêtes, ses cols et ses vallées sauvages, elle offre aux marcheurs une immersion totale dans la nature provençale. Mais une telle aventure ne s'improvise pas. La préparation aventure demande une organisation minutieuse, un équipement de randonnée adapté et une bonne connaissance des sentiers de montagne. Cet article vous donne les clés pour préparer votre trekking dans les meilleures conditions, étape par étape.
En bref :
- Un parcours de 171,4 km à travers les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence.
- Neuf jours de marche pour relier Sisteron à Entrevaux via Digne-les-Bains.
- Des étapes accessibles en train ou en voiture pour fractionner le périple.
- Des randonfichés numériques conçus avec le CDRP 04 pour préparer chaque journée.
- Une altitude maximale de 1505 mètres, avec des dénivelés cumulés d'environ 2700 mètres.
Le GRP GTPA : un itinéraire mythique au cœur des Préalpes
La Grande traversée des préalpes, également connue sous le sigle GRP GTPA, relie d'ouest en est les Alpes-de-Haute-Provence. Ce sentier de grande randonnée débute à Sisteron, ville célèbre pour sa citadelle et sa cluse spectaculaire. Il se termine à Entrevaux, cité médiévale fortifiée par Vauban. Entre ces deux points, le marcheur découvre une diversité de paysages remarquable : gorges étroites, forêts de mélèzes, plateaux karstiques et crêtes déchiquetées. Le balisage blanc et rouge, propre aux GR, guide le randonneur tout au long du parcours. Les amateurs de trekking apprécient particulièrement la possibilité de découper l'itinéraire en plusieurs tronçons. Il est ainsi possible de réaliser Sisteron-Digne-les-Bains en trois jours, ou Digne-les-Bains-Entrevaux en six jours. Cette modularité rend l'aventure accessible à différents niveaux.
Les chemins empruntés sont entretenus par les bénévoles de la FFRandonnée. Ils offrent une expérience authentique, loin des routes touristiques. Chaque année, des centaines de randonneurs se lancent sur les traces des bergers et des contrebandiers d'autrefois. L'itinéraire traverse des communes typiques comme Annot, connue pour ses grès en boules, ou Thorame-Haute, véritable balcon sur la vallée du Verdon. Pour bien préparer votre course, il est utile de consulter des ressources dédiées comme les randonfichés éditées avec le Comité Départemental de la Randonnée Pédestre des Alpes-de-Haute-Provence. Ces fiches numériques, mises à jour régulièrement, détaillent chaque portion du chemin. Elles sont financées par la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur et le Conseil départemental. Un vrai plus pour celles et ceux qui souhaitent une préparation aventure sérieuse.

Préparer son équipement de randonnée pour la grande traversée
Une telle expédition exige un équipement de randonnée soigneusement choisi. Le confort du marcheur dépend en grande partie de la qualité de ses chaussures. Des bottes de randonnée hautes, avec une bonne tenue de cheville, sont recommandées pour affronter les sentiers caillouteux et les pentes raides. Le sac à dos doit peser idéalement entre 10 et 12 kilos, en incluant les vivres. Pour une traversée de plusieurs jours, la tente et le duvet restent indispensables si vous optez pour le camping. De nombreux gîtes d'étapes jalonnent toutefois le parcours, ce qui permet d'alléger le chargement. Il faut néanmoins réserver ses nuitées à l'avance, surtout en haute saison. Les villages de Saint-Geniez, Thoard ou La Clape disposent d'hébergements typiques, souvent tenus par des passionnés de montagne.
Les vêtements techniques constituent la seconde priorité. Le principe des trois couches est incontournable : une sous-couche respirante en laine mérinos, une couche intermédiaire isolante et une veste imperméable coupe-vent. La météo en altitude peut changer brutalement, même en été. Un bonnet et des gants ne sont pas superflus lors des traversées matinales. Le matériel de sécurité comprend une trousse de premiers secours, un couteau multifonction, une couverture de survie et un sifflet. Le téléphone portable doit être équipé d'une batterie externe et d'applications de cartographie hors ligne. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le réseau téléphonique reste aléatoire dans certains vallons. Une carte papier IGN au 1:25000 reste la référence. Pour les sentiers de montagne, il est prudent de partir avec un tracé GPX. Vous pouvez vous inspirer d'autres randonnées comme le tour du Buëch et du Méouge pour comparer les types de balisage et de dénivelé.
Les étapes incontournables entre Saint-Geniez et Thoard
La portion entre Saint-Geniez et Thoard est souvent citée comme l'une des plus belles de la Grande traversée des préalpes. Elle s'étend sur 25 kilomètres et demande environ 7h30 de marche. Le dénivelé positif atteint 930 mètres, ce qui en fait une étape exigeante. Le départ se fait depuis le hameau de Saint-Geniez, blotti dans la vallée du Jabron. Très vite, le chemin s'élève à travers des ravins boisés où le chêne pubescent côtoie le buis. L'effort est récompensé à l'arrivée au col Mounis, situé à près de 1500 mètres d'altitude. De ce promontoire, le regard porte jusqu'aux massifs du Dévoluy et des Baronnies. Le sentier redescend ensuite progressivement vers des terres agricoles, ponctuées de champs de lavande et de vieilles fermes en pierre. La vue sur la vallée de Thoard, avec ses toits de tuiles rondes, est un moment fort du parcours.
L'étape de Thoard à Digne-les-Bains est plus courte mais tout aussi spectaculaire. Elle couvre 15,7 kilomètres avec un dénivelé positif de 760 mètres et se réalise en 4h30 environ. Le chemin passe par le col de la Croix, puis longe des balcons naturels offrant des points de vue exceptionnels sur le pic de la Bigue, le Martignon et l'Andran. Quand le ciel est dégagé, la vue s'étend jusqu'à la chaîne du Mont-Blanc. Tout au long de la descente, la végétation change : les pins sylvestres laissent place aux chênes verts et aux oliviers aux abords de Digne. Ce contraste végétal illustre la richesse écologique des Préalpes. Les randonneurs peuvent consulter un tableau récapitulatif pour organiser leur progression :
| Étape | Distance | Dénivelé positif | Durée estimée |
|---|---|---|---|
| Saint-Geniez → col Mounis → Thoard | 25 km | 930 m | 7h30 |
| Thoard → Digne-les-Bains | 15,7 km | 760 m | 4h30 |
| Digne-les-Bains → La Clape | 14,5 km | 890 m | 5h30 |
Cette dernière étape, au départ du col de Pierre-Basse, grimpe les flancs du Cousson, sommet mythique qui domine Digne. La montée est raide mais le panorama depuis le sommet justifie tous les efforts. Les plus attentifs apercevront peut-être des chamois ou des aigles royaux en chasse. Pour ceux qui recherchent d'autres horizons, le tour des Baronnies provençales offre un périple comparable tout proche.
Nature et altitude : faune, flore et panoramas des Préalpes
La nature tient une place centrale dans cette aventure. Les sentiers de montagne de la Grande traversée des préalpes évoluent entre 600 et 1500 mètres d'altitude. Cette plage altitudinale abrite une biodiversité exceptionnelle. Dans les sous-bois, le lynx boréal a été observé ces dernières années dans les massifs du Sisteronais. Le loup, de retour dans la région, reste discret mais les randonneurs peuvent croiser ses traces dans la boue des pistes. La flore n'est pas en reste : l'aster des Alpes, la gentiane jaune et le lys martagon colorent les prairies d'altitude au printemps. Les orchidées sauvages, comme l'ophrys de la Drôme, font le bonheur des botanistes amateurs. Chaque vallon possède sa micro-météo et sa palette végétale unique.
Les panoramas offerts par cette randonnée sont à couper le souffle. Aux alentours du col Mounis, la vue s'étend sur la barre rocheuse des Monges et les cimes du Parpaillon. Plus à l'est, le plateau de Valensole se déploie à perte de vue avec ses champs parfumés. La lumière du soir, douce et dorée, transforme les falaises calcaires en véritables fresques minérales. Pour les photographes, le lever du jour sur les toits de Digne-les-Bains est un moment inoubliable. Les guides locaux racontent que Cézanne venait dessiner ces reliefs lors de ses séjours en Provence. Une immersion dans ces paysages permet de comprendre l'inspiration des peintres et des écrivains. Les hébergements en gîte constituent des bases idéales pour contempler le ciel étoilé, loin de toute pollution lumineuse.
Conseils pratiques pour une préparation aventure réussie
Pour que votre préparation aventure aboutisse, quelques points logistiques méritent toute votre attention. La période idéale s'étend de mi-mai à mi-octobre. Au printemps, les névés tardifs peuvent persister sur les passages exposés au nord. En été, la chaleur impose de partir tôt le matin et de prévoir de l'eau en abondance. Les points d'eau naturels sont rares entre Thoard et Digne-les-Bains. Il est conseillé de déposer des bouteilles dans les refuges ou de planifier les ravitaillements dans les villages traversés. Les offices de tourisme locaux fournissent des topo-guides actualisés et peuvent organiser le transfert des bagages. Voici une liste de contrôle essentielle pour ne rien oublier :
- Chaussures de randonnée rodées et ampoules traitées
- Bâtons de marche télescopiques pour les descentes
- Trousse de secours et médicaments personnels
- Réserve d'eau (2 litres minimum) et pastilles de purification
- Cartes IGN et GPS chargés avec les traces GRP
- Vêtements chauds et imperméables, même en été
- Frontale avec piles de rechange pour les étapes matinales
Les transports méritent une attention particulière. La ligne SNCF des Alpes, entre Digne et Nice, dessert plusieurs points du parcours comme Annot ou Entrevaux. Il est donc facile de revenir à votre point de départ. Le stationnement à Sisteron est possible sur de longues durées via le parking de la gare. Si vous optez pour une variante plus courte, sachez que le GR 99 entre Revest et Trigance constitue une belle alternative dans le Var voisin. Enfin, renseignez-vous sur les conditions météo la veille de chaque départ. Les orages d'été peuvent être violents sur les crêtes. Dans ce cas, il est préférable de reporter le départ ou de modifier l'horaire. La prudence reste la première qualité d'un bon randonneur.
Préparer son parcours avec les randonfichés et les applications mobiles
Les randonfichés éditées par l'office de tourisme de Digne-les-Bains constituent un outil précieux. Ces documents numériques, conçus avec le CDRP 04, décrivent chaque étape en détail. Ils incluent les profils altimétriques, les temps de marche, les types de terrain et les hébergements recommandés. La version en ligne permet de les consulter sur son téléphone ou de les imprimer chez soi. Les fiches sont gratuites et régulièrement mises à jour. Elles sont financées par la Communauté de communes Provence Alpes, la Région Sud et le Conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence. Un partenariat qui garantit une information fiable et un suivi des évolutions du balisage.
Pour les randonneurs connectés, l'application Provence Alpes Outdoor recense tous les itinéraires et activités de la région. Elle fonctionne en mode hors ligne, ce qui s'avère précieux dans les zones blanches. Les traces GPX fournies par la FFRandonnée sont réservées à un usage privé. Leur reproduction commerciale ou leur partage sur les plateformes collaboratives est interdit. Les amateurs de données topographiques peuvent toutefois s'inspirer d'autres parcours en consultant par exemple le GR 96 de Samoëns à Aix-les-Bains pour comparer les difficultés techniques. Il ne faut pas négliger l'entraînement physique avant le départ : deux à trois sorties hebdomadaires de 20 kilomètres avec un dénivelé de 1000 mètres sont recommandées dans les mois précédant l'aventure.
Quelle est la meilleure période pour réaliser la Grande traversée des préalpes ?
La période idéale s'étend de mi-mai à mi-octobre. Le printemps offre des paysages florissants mais des névés résiduels. L'été est chaud, avec des orages fréquents en fin d'après-midi sur les crêtes. L'automne garantit des températures douces et des couleurs magnifiques.
Faut-il réserver ses nuits à l'avance sur le GRP GTPA ?
Oui, il est fortement conseillé de réserver ses gîtes à l'avance entre juin et août. Certaines étapes comme La Clape ou Thorame-Haute ont une capacité d'accueil limitée. Les chambres d'hôtes et les refuges affichent rapidement complet.
Quel niveau physique est nécessaire pour cette randonnée itinérante ?
Le parcours est classé difficile. Il faut être capable de marcher 6 à 8 heures par jour avec un dénivelé cumulé de 800 à 1000 mètres. Un entraînement progressif de plusieurs mois est indispensable pour profiter pleinement de l'aventure.
Peut-on faire la traversée en trois jours seulement ?
Oui, la section de Sisteron à Digne-les-Bains se réalise en trois jours et s'avère idéale pour un premier contact. Elle couvre environ 45 kilomètres et permet de découvrir l'essentiel des paysages préalpins. Les départs sont faciles depuis les gares de Sisteron ou Digne.








