Quand on regarde son compteur de dénivelé après une sortie, les chiffres peuvent varier du simple au double selon l'appareil utilisé. Un même parcours peut afficher 2 140 mètres de dénivelé positif sur un Polar à capteur barométrique, et 2 900 mètres sur un GPS. Cette différence n'est pas un bug : elle illustre deux façons radicalement différentes de mesurer l'altitude. Le choix entre altimètre GPS et barométrique n'est pas une question de mode, mais de fiabilité réelle selon l'usage que vous en faites.

Comment fonctionne l'altimètre GPS ?

Le GPS calcule l'altitude par triangulation avec les satellites, exactement comme pour la latitude et la longitude. Mais la mesure verticale est moins précise que la mesure horizontale : on estime qu'elle l'est trois fois moins. Concrètement, si vous vous déplacez sur du plat à 234 mètres, le GPS peut afficher successivement 235, 237, 233, 234, 232 mètres. Cette fluctuation constante entraîne une surestimation du dénivelé réel, parfois jusqu'à 30 %.

Altimètre GPS ou barométrique : lequel est le plus fiable ?
Altimètre GPS ou barométrique : lequel est le plus fiable ?

Un autre problème survient près des reliefs. Si vous longez une falaise, le GPS peut vous attribuer l'altitude du sommet alors que vous êtes en bas. Ce phénomène a été signalé sur plusieurs modèles, comme le Garmin Forerunner 305. La mesure GPS reste donc instable et sujette à des erreurs cumulatives sur de longues distances.

En quoi l'altimètre barométrique est-il différent ?

L'altimètre barométrique mesure les variations d'altitude via un capteur de pression atmosphérique. Contrairement au GPS, il ne fluctue pas en continu. Une fois calibré, il donne une courbe d'altitude stable, même si la mesure ponctuelle peut être moins précise que celle du GPS en valeur absolue.

Son point faible, c'est la météo. La pression atmosphérique change avec le temps : un orage qui approche ou une hausse brutale de température peuvent fausser la mesure. Lors d'une ascension du Tourmalet, un altimètre barométrique calibré au départ affichait 2 036 mètres au sommet, contre 2 116 mètres donnés par l'IGN. Entre-temps, le ciel était passé de couvert à très ensoleillé, la température de 15° à 31°, et neuf heures s'étaient écoulées. L'écart de 80 mètres vient directement de ces variations de pression.

Comment les montres et GPS combinent les deux technologies ?

La plupart des appareils récents ne vous obligent pas à choisir. Ils utilisent les deux sources ensemble : l'altitude GPS sert à détecter un écart trop important, et recale automatiquement l'altitude barométrique. Cette hybridation donne le meilleur des deux mondes : la stabilité du baromètre corrigée par la référence absolue du GPS.

Mais selon les modèles, le réglage diffère. Certaines montres, comme la Forerunner 645, ne calibrent le baromètre que par le GPS au début de l'activité. D'autres, comme la fenix 5, la Suunto 9 ou la Suunto Spartan, offrent plusieurs modes :

Altimètre GPS ou barométrique : lequel est le plus fiable ?
Altimètre GPS ou barométrique : lequel est le plus fiable ?
  • Mode altimètre : les variations de pression sont interprétées comme des changements d'altitude. Recommandé pour la plupart des activités en montagne.
  • Mode baromètre : les variations de pression sont lues comme des changements météo, sans prise en compte de l'altitude. Utile pour les activités à altitude constante, comme la navigation sur un plan d'eau.
  • Mode automatique : la montre choisit elle-même le mode selon les données captées.

Quand calibrer son altimètre barométrique ?

Un altimètre barométrique non calibré donne une altitude absolue imprécise. Pour obtenir une mesure fiable, trois méthodes existent :

  1. Calibrage manuel par altitude connue : vous indiquez l'altitude exacte de votre position (borne IGN, carte, point de référence). C'est la méthode la plus précise.
  2. Calibrage par GPS : la montre utilise le signal GPS pour ajuster l'altitude. Pour une meilleure précision, attendez 3 à 4 minutes avec un fix GPS stable avant de lancer l'activité.
  3. Calibrage par modèle numérique de terrain : disponible sur les modèles les plus récents, cette méthode compare votre position à une base de données d'altitudes.
  4. Dans tous les cas, un calibrage en début de sortie est recommandé, surtout si vous changez de massif ou si la météo a évolué depuis votre dernière utilisation.

    Quel altimètre choisir selon votre pratique ?

    Usage Technologie recommandée Raison principale
    Randonnée en montagne, trail, ski de randonnée Barométrique (de préférence avec recalage GPS automatique) Stabilité du dénivelé, moins d'erreurs cumulatives
    Cyclisme sur route, longues distances Barométrique Les erreurs GPS s'accumulent sur 100 km et plus
    Navigation, activités nautiques GPS L'altitude ne change pas, le baromètre sert à la météo
    Courses en zone urbaine ou sous couvert forestier GPS (avec recalage possible) Le signal GPS peut être perturbé, mais le baromètre aussi
    Usage occasionnel, simple enregistrement de trace GPS seul Suffisant pour un ordre de grandeur, moins coûteux

    Si vous faites du dénivelé pour vous entraîner ou pour valider un parcours, l'altimètre barométrique reste le plus fiable, à condition de le calibrer régulièrement. Si vous cherchez surtout à vous repérer sur une carte ou à suivre un itinéraire, le GPS fait largement l'affaire, même avec ses fluctuations.

    Les erreurs à éviter avec un altimètre barométrique

    Le piège le plus fréquent, c'est de croire que la mesure est parfaite parce qu'elle est stable. Un baromètre non calibré depuis plusieurs jours peut afficher 300 mètres d'écart avec la réalité. Deux erreurs reviennent souvent :

    • Ne pas recalibrer après un changement météo majeur : un front froid ou un orage modifie la pression de 10 à 20 hPa, ce qui correspond à une variation d'altitude de 100 à 200 mètres.
    • Utiliser le mode baromètre en montée : si la montre interprète la baisse de pression comme un changement météo, elle n'enregistre pas la montée. Résultat : dénivelé nul sur une sortie de 1 000 mètres.

    Vérifiez toujours le réglage de votre montre avant de partir. Un coup d'œil au mode sélectionné vous évite de perdre toutes vos données.

    La fiabilité d'un altimètre dépend moins de la technologie que de la discipline que vous mettez à le calibrer et à choisir le bon mode. Un baromètre bien réglé sur une montre qui combine les deux sources vous donnera des résultats bien plus proches de la réalité qu'un GPS utilisé seul, surtout sur des parcours à fort dénivelé ou par temps changeant. Si vous ne voulez pas vous prendre la tête, un modèle avec recalage automatique par GPS et mode altimètre par défaut est un bon compromis. Mais pour une mesure vraiment fiable, rien ne remplace un calibrage manuel avant chaque sortie importante.